Accaparement de Terres au Kenya et au Mozambique

Rapport de deux missions d’enquête et une analyse axée sur les droits humains de l’accaparement de terres.

Dans son sens large, l’accaparement de terres n’est pas un phénomène nouveau. Il constitue malheureusement un modèle récurrent dans l’histoire humaine. Lors de ses
premières décennies de travail, FIAN a enquêté sur des cas où ceux qui accaparaient la terre étaient des élites locales ou nationales (grands propriétaires, groupes paramilitaires, plantations et sociétés) ou le gouvernement lui-même. Les premiers cas d’accaparement de terres par des étrangers concernaient l’extraction minière par des sociétés étrangères. On peut observer que l’extraction minière s’est largement intensifiée au cours des dernières années en raison d’une demande mondiale accrue pour les matières premières. Elle constitue toujours l’une des plus grandes menaces pour les communautés rurales.

Depuis trois ans, un nouveau modèle d’accaparement de terres est apparu. Des investisseurs étrangers, publics et privés, prennent le contrôle de grandes surfaces de terres fertiles destinées à la production agricole, notamment dans les pays les plus pauvres du monde, mais également dans d’autres pays.

Ce rapport aborde cette nouvelle forme d’accaparement de terres afin d’examiner de quelle manière il diffère des formes antérieures d’accaparement de terres et
d’étudier sa dimension et ses conséquences pour les droits humains. Afin de connaitre la réalité sur le terrain, FIAN a mené deux missions d’enquête en examinant des cas au Kenya et au Mozambique. Un aperçu de ces cas est présenté dans ce rapport. Dans une autre publication, FIAN a contribué à l’évaluation de la portée des transactions en Afrique sub-saharienne, dans la mesure où le secret qui les entoure le permet. Ainsi, le présent rapport portera une attention particulière sur cette région du monde.