29 octobre 2013

BRESIL : DES VICTIMES et DES ONG VONT DENONCER DEVANT LA COMMISSION INTERAMERICAINE DES DROITS DE L’HOMME LA VIOLENCE A L’ENCONTRE DE DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS QUI LUTTENT POUR LEUR DROIT AU TERRITOIRE

Washington, 29 octobre 2013 - Ce mardi 29 octobre à 9 heures du matin, heure de Washington, des représentants des Indiens Guarani-Kaiowá et du Quilombo Brejo dos Crioulos dont les droits ont été violés, appuyés par des organisations de Droits de l’Homme (Conseil Indigène Missionnaire – CIMI, Justicia Global, FIAN), ont pris part devant la Commission interaméricaine des droits de l’Homme à l’Audition sur la situation des défenseurs des droits humains au Brésil. L’Audition est transmise en direct sur http://www.oas.org/en/media_center/webcast_schedule.asp

Genito Gomes, chef Guarani-Kaiowá du Mato Grosso do Sul et José Carlos Oliveira Neto, président de l’Association Quilombola de Brejo dos Crioulos ont expliqué les menaces et les intimidations dont ils sont victimes pour vouloir défendre leur droit à leur territoire ancestral. Ces deux cas serviront à illustrer l’histoire de violations des droits des peuples et des communautés traditionnelles du pays.

Le chef Guarani-Kaiowá, Genito Gomes, appartient à la communauté de Guayviry, située dans la municipalité de Aral Moreira, à la frontière avec le Paraguay. Son père, Nisio Gomes, a été assassiné le 18 novembre 2011 lors de l’attaque de sa communauté par un groupe armé impliquant des fermiers, des avocats, une organisation syndicale, des politiciens locaux et une compagnie privée de sécurité. Une procédure pénale est en cours auprès de la justice fédérale de Ponta Porã, mais jusqu’à présent la justice brésilienne n’a pas puni les responsables du crime. 

La communauté de Guayviry n’a donc pas accès au territoire, condition indispensable pour la réalisation de son droit à une alimentation adéquate, et elle n’a pas non plus accès à l’eau potable, car l’eau de la rivière dans laquelle s’approvisionne la communauté est polluée par les produits chimiques utilisés dans les plantations. La communauté n’a pas accès à l’éducation. En effet, puisque le territoire n’est pas régularisé, la municipalité considère qu’elle n’a pas le devoir d’y assurer l’enseignement. Il n’y a pas non plus de service de santé de qualité. Les gens sont à la merci de « pistoleiros » sous contrat, car la situation géographique favorise l’activité de tueurs à gages (frontière avec le Paraguay).

José Carlos de Oliveira Neto lutte depuis quatorze ans avec sa communauté pour obtenir le droit au territoire. Depuis lors, les menaces et intimidations de la part de milices aux ordres des grands propriétaires n’ont pas cessé. Le quilombo de Brejo dos Crioulos, situé au nord de l’Etat de Minas Gerais, compte près de 503 familles qui réclament leur territoire progressivement exproprié. Les familles vivent confinées sur de petits espaces où leurs droits fondamentaux ne sont pas garantis, en particulier leur droit à une alimentation adéquate.

« L’audition nous permettra d’informer la Commission de l’intensification du conflit agraire au Brésil. En cause le retard pris dans l’homologation des territoires des peuples et communautés traditionnelles et dans les procédures de remise de titres de propriétés. On assiste à un choc entre un modèle de développement économique basé sur l’expansion des monocultures qui promeut l’accaparement des terres et la résistance des peuples et des communautés traditionnelles qui se mobilisent pour la défense de leur droit au territoire, un territoire vital pour leur subsistance et la réalisation de leur droit à l’alimentation notamment » ont affirmé les organisations qui vont prendre part à l’audition.

Ces mêmes organisations soulignent encore ceci : « Puisque ces peuples traditionnels luttent pour obtenir l’accès à leurs territoires ancestraux, ils sont victimes d’une série de menaces et de violences. L’Etat essaie de leur donner réparation à travers ses programmes de protection des défenseurs des droits humains. Genito et José bénéficient de ces programmes mis en oeuvre au niveau fédéral et au niveau de l’Etat où ils vivent, mais ils sont insuffisants. Outre le fait que depuis quelques années ces programmes de protection sont délaissés, ils ont toujours eu des difficultés à traiter les problèmes de fond, condition pourtant indispensable pour que cessent les risques. Des problèmes de type opérationnel comme la mise à disposition d’une escorte ont aussi constamment été signalés. »

Merci de vous unir à notre appel pour exiger que les autorités brésiliennes n’approuvent pas les propositions de loi qui vont faire reculer les droits humains fondamentaux des peuples indiens et des communautés traditionnelles du Brésil en signant la pétition sur : http://www.fian.org/fr/get-involved/take-action/campagnes/petition-au-bresil/

Contact :
CIMI - Flávio Vicente Machado, Coordinateur Régional du Conseil Indigène Missionnaire (au Mato Grosso do Sul : +(67) 33845551/33845551 cimims@terra.com.br

Justiça Global - Eduardo Becker : +55 21 2544 2320, eduardo@global.org.br

FIAN Brésil – Jônia Rodrigues, Coordinatrice du Programme de Suivi de Cas de Violations du Droit à une Alimentation Adéquate : + 55 62 30924611 /81309943 jonia@fianbrasil.org.br

FIAN International - Angélica Castañeda Flores, Coordinatrice du Programme pour l’Amérique Latine de FIAN International : +4962216530042 castaneda-flores@fian.org