31 janvier 2013

Brésil : Un premier pas vers la reconnaissance des terres des Indiens Guarani-Kaiowá

Victoire pour les indigènes Guarani-Kaiowá du Brésil.

Heidelberg/Goiania, 31 janvier 2013 – Beaucoup d’espoir au Mato Grosso do Sul au Brésil en ce début d’année 2013 pour les Indiens Guarani-Kaiowá qui y mènent une lutte difficile. En effet, le 8 janvier, le Journal officiel a publié la décision de la Présidente de la Fondation Nationale de l’Indien (FUNAI) qui a déclaré Iguatemipegua I, un territoire de 41 571 hectares dans la commune d’Iguatemi, terre ancestrale des Guarani-Kaiowá.

Selon l’étude commanditée par la FUNAI, dans cette zone 1 793 Indiens vivent dans neuf tekohas ou territoires sacrés. Les 170 Indiens du tekoha de Pyelito Kue en font partie. Ce sont eux qui avaient rendu publique, à la fin de l’année dernière, une lettre qui avait été interprétée à tort comme une menace de suicide collectif. Ils y affirmaient leur résistance à la menace d’expulsion, ce qui avait généré une forte empathie au sein de la population brésilienne et attiré l’attention de la communauté internationale.

FIAN Brésil, avec le soutien de FIAN International et de nombreuses sections nationales, suit le cas des Guarani-Kaiowá depuis 2005. Grâce à son travail avec le Ministère public et des organisations comme le CIMI et Justiça Global, FIAN a pu donner plus de visibilité au cas et faire davantage pression sur les instances responsables tant au Brésil qu’au niveau international, notamment à travers le suivi de la Trajectoire d’ajustement de conduite (TAC). La TAC est un accord signé en 2007 par la FUNAI et le Ministère public, en présence de groupes autochtones, qui précise les tâches des 6 groupes de travail responsables de la préparation de rapports sur l’identification et la démarcation de 36 tekohas.

La décision du 8 janvier concerne le premier des rapports que doivent rendre les groupes de travail, des rapports qui auraient dû être publiés en juin 2009. Quoique minime, cette décision représente une avancée importante dans le processus de démarcation des territoires Guarani. Notons que cette victoire est le résultat de nombreuses années de résistance du peuple Guarani qui a bénéficié du soutien d’organisations sociales et aussi de l’ensemble de la communauté nationale et internationale ainsi que l’ont démontré les manifestations dans plus de 50 villes et des appels lancés sur Internet.

A l’expiration du délai de contestation de 90 jours à dater de la publication du rapport, la démarcation du territoire Iguatemipegua I dépendra de l’avis que la FUNAI adressera au Ministère de la Justice.

Le chemin de la lutte est encore long pour la terre d’Iguatemipegua et aussi pour tous les territoires Guarani. Il faut donc continuer à donner une visibilité aux Guarani-Kaiowá et à être solidaires avec eux, afin que leurs droits humains et leurs territoires sacrés puissent être protégés. 2013 pourra alors être une année de succès.