Campagne d’interpellation

Covid-19 : Soutenons les paysan·ne·s !

Relocalisons nos systèmes alimentaires !

13 – 20 avril 2020 10h00

Le Réseau de soutien à l’agriculture paysanne et le mouvement Agroecology in Action lancent une campagne d’interpellation pour demander aux responsables politiques de s’engager en faveur de la relocalisation de l’agriculture vivrière et de la transition agroécologique
Rejoignez la campagne et interpellez directement nos ministres sur http://www.reclaimhumanrights.net/17avril

La crise du Covid-19 nous rappelle la fragilité du système alimentaire international. Pour garantir notre souveraineté alimentaire, il est nécessaire de relocaliser notre production alimentaire et d’opérer une transition agroécologique.
Le 17 avril est la journée internationale des luttes paysannes. Une occasion pour remercier celles et ceux qui nous nourrissent au quotidien, et plus particulièrement encore cette année dans le contexte de la crise du Covid-19. Une campagne virtuelle a été lancée par plusieurs organisations en Belgique et en Europe pour les remercier (voir la campagne #JeSoutiensLesPaysanNEs #RestezChezVousMaisPasEnSilence).

Mais cette crise du Covid-19 nous interpelle une fois de plus, de trop, sur la fragilité du système économique mondialisé, ce géant aux pieds d’argile. Les chaînes alimentaires mondiales, qui fonctionnent sur base de flux tendus, sont menacées par les mesures de confinement, ce qui risque de provoquer des ruptures d’approvisionnement chez nous et de nouvelles crises alimentaires dans les pays du Sud [1]

Nous avons en effet totalement fragilisé notre souveraineté alimentaire (c’est-à-dire notre droit à définir collectivement le système alimentaire que nous souhaitons, sur base d’une production locale de qualité) au profit du système agro-industriel mondialisé. La Belgique est aujourd’hui largement déficitaire dans de nombreuses cultures et dépend des importations de l’étranger. C’est bien évidemment le cas pour les produits exotiques (ananas, thé, café, cacao, etc.) mais surtout pour toute une série d’aliments que nous serions capables de cultiver chez nous. On constate par exemple que le taux d’auto-approvisionnement de la Wallonie (c’est-à-dire le taux de production locale par rapport à la consommation) n’est que de 17 % pour les fruits et légumes frais ; 33 % pour les céréales panifiables ; 10 à 15 % pour les élevages ovins et caprins. Nous sommes également largement déficitaires en légumineuses, huiles végétales, poissons, sans disposer de données précises. Sans oublier les importations massives de soja (pour l’engraissage des élevages industriels) et d’huile de palme (largement utilisée dans les produits transformés de l’industrie alimentaire).

Cette logique agro-industrielle est absurde et dépassée. Elle continue toutefois d’être entretenue par des choix politiques aux niveaux belge et européen, tels que les accords de libre-échange (CETA, Mercosur), et la Politique agricole commune (PAC), qui favorisent un modèle productiviste exportateur. Ces politiques sont destructrices des agricultures paysannes tant au Nord qu’au Sud.

À l’heure où la Belgique et la Région wallonne vont devoir prendre des décisions historiques pour relancer l’activité après la crise du Covid-19, il est vital de ne pas retomber dans les écueils du passé et de s’engager dans un Green New Deal ambitieux.

Dans ce sens, nous demandons au gouvernement wallon, par l’intermédiaire du Ministre Président Elio Di Rupo, du Ministre de l’Economie et de l’Agriculture Willy Borsus et de la Ministre de la Transition Ecologique Céline Tellier :

  • de prendre des décisions politiques claires et cohérentes en faveur de la relocalisation de nos systèmes agro-alimentaires et de la transition agroécologique.
  • d’élaborer un plan stratégique wallon pour la mise en œuvre de la Politique Agricole Commune (PAC) post-2020 qui poursuivent en priorité ces objectifs ;
  • de s’opposer aux politiques qui vont à l’encontre des objectifs de souveraineté alimentaire (tels que les accords de libre-échange, les dispositions de la PAC qui favorisent les grandes exploitations et les marchés internationaux, etc.)
  • de soutenir nos paysan·ne·s en mettant en œuvre la Déclaration des Nations-Unies sur les droits des paysan·ne·s ;