4 août 2010

FIAN accueille avec satisfaction la reconnaissance du droit à l’eau et demande que ce droit soit rapidement appliqué

Bruxelles 4 août 2010- L’organisation des Droits de l’Homme, FIAN, accueille avec satisfaction la reconnaissance par l’Assemblée générale des Nations Unies, sur proposition de la Bolivie, du droit à l’accès à l’eau et à l’assainissement de base, le 28 juillet dernier.

Dans le monde 884 millions de personnes manquent d’eau potable salubre tandis que plus de 2,6 milliards n’ont pas accès à l’assainissement de base. Près de deux millions de personnes meurent chaque année des suites de maladies liées à l’eau polluée. La plupart sont des enfants de moins de 5 ans.

« La reconnaissance du droit à l’eau est un signal important pour les Etats membres des Nations Unies. Cette résolution les oblige à aider les pays les plus pauvres à garantir le droit à l’eau et à fournir de l’eau potable, accessible et abordable ainsi qu’un assainissement pour tous. Mais d’autres mesures sont nécessaires, notamment l’application du droit à l’eau dans les législations nationales des Etats » souligne Rolf Künnemann, directeur des Droits Humains chez FIAN International.

Les entreprises privées ont aussi l’obligation de rendre des comptes. C’est le cas au Guatemala par exemple pour l’entreprise canadienne Goldcorp Inc. qui exploite la mine d’or Marlín. Cette mine pollue l’eau de 18 municipalités indiennes avec des métaux lourds et, selon ses propres données, utilise 45000 litres d’eau par heure pour mener à bien ses activités minières.

« Des pays comme les Etats-Unis et le Canada se sont abstenus de valider la résolution proposée par la Bolivie, ce qui est symptomatique et scandaleux. Ces pays, au travers de leurs entreprises, participent à une série de violations des droits humains. Le gouvernement du Guatemala a certes l’obligation de protéger les droits à l’alimentation, à l’eau et à la santé, mais le Canada ne peut pas rester passif par rapport à ce cas », précise Martin Wolpold-Bosien, coordinateur de FIAN International pour l’Amérique centrale.

La reconnaissance du droit à l’eau de la part des Nations Unies est une avancée importante pour les droits économiques, sociaux et culturels. Le droit à l’eau potable est un droit humain fondamental de même que le droit d’être à l’abri de la faim. Ces droits doivent devenir justiciables dans les tribunaux, et, si nécessaire, lors de procédures juridiques internationales. En 2008, l’Assemblée générale des Nations Unies a avancé dans cette direction en approuvant le Protocole Facultatif au Pacte International relatif aux Droits économiques sociaux et culturels qui permettra aux victimes de violations de ces droits de porter plainte auprès des Nations Unies. « FIAN demande à tous les Etats de ratifier ce Protocole, ce qui permettra de le rendre applicable » ajoute Rolf Künnemann.

Plus d’infos auprès de Rolf Künnemann : kuennemann@fian.org