Honduras : Violence extrême contre les communautés paysannes au Bajo Aguán

Début de l’action : 07-10-2011 / Fin de l’action : 31-12-2011

La situation de violence et de répression à l’encontre des communautés de la vallée de Bajo Aguán est alarmante : entre janvier 2010 et début octobre 2011, 40 personnes liées aux organisations paysannes de la région ont été assassinées. Depuis plusieurs années, environ 3500 familles paysannes en conflit avec les principaux producteurs d’huile de palme de la région ont revendiqué leur droit à l’alimentation pour l’accès aux terres agricoles. Des organisations nationales et internationales de défense des droits humains ont conclu que les communautés paysannes dans la région sont sans défense et sans protection face aux actions et manquements des autorités. Les témoignages des victimes, des familles et des témoins indiquent que des membres de la sécurité publique et privée sont responsables de décès, tortures, menaces et harcèlements des communautés paysannes.

Ce cas exige votre ACTION URGENTE en envoyant la lettre en espagnol ci-jointe (ou par e-mail) au Fiscal Especial de Derechos Humanos du Honduras, Avocate Sandra Ponce, pour demander une enquête sur les assassinats, la fin de la répression et la résolution effective du conflit agraire conformément aux obligations de l’État en matière de droit à l’alimentation.
Veuillez envoyer une copie au Secrétariat international de FIAN qui l’enverra à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, aux Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, aux institutions de l’Union européenne et à d’autres instances intergouvernementales.

Contexte

La dégradation du respect et de la protection des droits humains au Honduras a été constante depuis la rupture de l’ordre constitutionnel lors du coup d’État du 28 juin 2009, comme l’ont démontré les rapports de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, l’Organisation des Nations Unies et les organisations non gouvernementales de défense des droits humains nationales et internationales.

Une des régions les plus touchées par la tension et la répression a été le Bajo Aguán. Les communautés paysannes dénoncent un climat généralisé de peur qui est provoqué par les menaces, les harcèlements, les tortures et les enlèvements commis de manière incessante par les militaires, la police et les gardes de sécurité des entrepreneurs de la zone. Au cours des années 90, les entrepreneurs de la région ont accaparé une grande partie des terres fertiles sur lesquelles ils cultivent une palme africaine.

Depuis l’année 2000, FIAN a suivi les conflits agraires dans la zone, y compris celui qui a entraîné la remise de terres de l’ancien Centre régional d’entraînement militaire (Centro Regional de Entrenamiento Militar, CREM) à des familles paysannes sans terre. La lutte organisée, l’aide aux organisations nationales et le suivi international ont permis que ces familles reçoivent la plus grande partie des 5700 hectares. Cependant, le reste des terres n’a pas été transféré, par manque de volonté et de capacités des autorités pour récupérer ces terres qui sont entre les mains d’entrepreneurs influents.

En mars 2011, six réseaux et organisations internationales, y compris FIAN, ont effectué une mission d’enquête sur les violations des droits humains au Bajo Aguán. Le rapport de la mission (rapport également disponible en anglais sur le site de FIAN) documente en détail la situation de violence extrême et d’impunité dans laquelle se trouvent les mouvements paysans qui sont victimes d’abus et de violations de leurs droits à la vie, à l’intégrité physique, à l’alimentation, à la santé, au logement et à l’éducation, sans que ces actes fassent l’objet d’enquêtes ou de sanctions de la part des autorités publiques.

Le rapport de la mission, présenté à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme et à la Sous-Commission des droits de l’Homme du Parlement européen, indique que les évictions forcées des communautés ont été ordonnées et exécutées en violation des normes internationales relatives aux droits humains.

Les dispositions juridiques en vigueur et les accords politiques entres les parties prenantes des nombreux conflits du Bajo Aguán prévoient le transfert et la régulation juridique des terres qui appartenaient auparavant au CREM en plus d’un total de 11000 hectares de terres inclues dans l’accord du 13 avril 2011, qui a été signé par la Présidence de la République et les dirigeants des communautés paysannes. Malgré quelques progrès et des transferts partiels, le conflit agraire n’est pas près de se résoudre.

Il convient d’ajouter qu’il existe une politique évidente de l’État visant à criminaliser la lutte paysanne et à militariser la zone. Jusqu’en juillet 2011, au moins 162 paysans membres d’organisations dans la zone du Bajo Aguán ont été accusés. A la mi-août 2011, le gouvernement a autorisé une nouvelle opération militaire permanente dans la zone (Xatruch II), avec le déploiement de mille policiers et militaires, ce qui entraîne le risque d’une plus grande violence à l’encontre des communautés paysannes. Dans les six semaines suivantes, quatre paysans et une paysanne ont été assassinés, et deux d’entre eux étaient les principaux dirigeants des mouvements paysans du Bajo Aguán.

Mandat de FIAN

Honduras est partie au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Par conséquent, les autorités ont l’obligation de respecter, protéger et garantir les droits humains, en particulier le droit à la vie, le droit à l’alimentation, le droit au logement, le droit à la santé, le droit à l’éducation, et le droit à l’intégrité de la personne.

Veuillez informer FIAN de toute réponse reçue à vos lettres.

Lettre à envoyer (ou e-mail) :

Fiscal Especial de Derechos Humanos
Abog. Sandra Ponce
Ministerio Público
Edificio Lomas Plaza II
Lomas del Guijarro, Avenida República Dominicana,
Tegucigalpa, DC, Honduras C.A.
Correo electrónico : ponce10s@yahoo.com.ar

Envoyez une copie à :

FIAN Secrétariat International
Willy-Brandt-Platz 5
D-69115 Heidelberg
Allemagne
Fax:0049-6221-65300-33
Courrier électronique pour cette action :
bajo-aguan@fian.org

Veuillez envoyer votre lettre immédiatement.
Veuillez consulter FIAN International si vous allez envoyer votre lettre après le 31 décembre.

Téléchargez la lettre et la pétition ci-dessous :