International - Pétition :« Des fleurs et des droits humains »

Dans le cadre de la campagne « Des fleurs et des droits humains », FIAN Belgium et d’autres organisations européennes ont lancé une pétition pour exiger de l’Europe qu’elle se positionne en faveur des droits humains et du travail décent dans l’industrie des fleurs coupées.

Pourquoi ? Parce que ce sont plus de 200.000 travailleurs qui sont employés dans l’industrie floricole dans les pays du Sud et souffrent de nombreuses violations de leur droit à un travail décent. Parce qu’au cours des 30 dernières années, l’industrie des fleurs coupées s’est déplacée de l’Europe à l’Afrique sub-saharienne et que les exploitants européens ignorent le droit international quand ils opèrent dans les pays du Sud.

En effet, les travailleurs agricoles des exploitations de fleurs coupées supportent souvent des conditions de travail inhumaines. Ils souffrent d’une exposition excessive à des pesticides hautement toxiques. Ils sont contraints à un horaire de travail inhumain et sont victimes de discrimination de la part des exploitants. Leurs bas salaires sont insuffisants pour assurer des conditions de vie digne pour eux et leursfamilles. Dans de nombreux cas, les travailleurs agricoles ne sont pasautorisés à être membres d’un syndicat de peur qu’ils ne prétendent à uneamélioration de leurs conditions detravail.

C’est ce genre de préoccupations qui a poussé l’Union européenne à adopter la directive 2004/18/CE sur les marchés publics qui demande que tous les Etats membres de l’UE favorisent l’insertion de critères sociaux et environnementaux dans leurs législations. En effet, les marchés publics représentent 16% du PIB de l’UE. Par conséquent, si tous les membres de l’UE mettent en œuvre la directive de l’UE, celle-ci aura un impact positif sur les conditions de travail. Si cette directive est un pas nécessaire dans la bonne direction, cette mesure est pourtant loin d’être suffisante. Elle ne contient en effet aucune obligation et ne prévoit aucune mesure obligatoire spécifique pour améliorer les conditions de travail des personnes travaillant notamment dans le secteur des fleurs coupées.

Face à ce constat, FIAN et d’autres ONGs participant à la campagne « Des fleurs et des droits humains » lancent cette pétition pour rappeler des revendications fondamentales des travailleurs de l’industrie floricole.

Nous exigeons :

  • Qu’une directive européenne rende obligatoire la mention du pays d’origine des fleurs ;

En effet, aujourd’hui, cette mention du pays d’origine n’est pas obligatoire et elle est donc quasi inexistante. Les fleuristes eux-mêmes ne connaissent en général pas la véritable origine des fleurs qu’ils achètent en Europe, bien que provenant du Sud. Ce manque de transparence affecte le consommateur qui, rarement expert en horticulture, ne peut pas savoir avec exactitude d’où proviennent les fleurs qu’il achète.

  • Qu’une législation européenne rende obligatoire l’analyse des fleurs entrant dans l’Union européenne et examine les résidus de pesticides dans le but d’interdire l’entrée sur le marché européen de fleurs traitées avec des pesticides dangereux (selon les critères de l’OMS, les pesticides de classe 1).

Vu que les fleurs ne sont pas considérées comme des denrées alimentaires, des pesticides hautement toxiques sont fréquemment utilisés dans la production de fleurs. Pour la même raison, l’UE ne fixe pas de limite maximale pour les résidus de pesticides des fleurs importées. Pourtant, l’utilisation de pesticides très toxiques est une menace tant pour la santé des travailleurs de l’industrie floricole que pour la santé des fleuristes (certaines des maladies dues à l’exposition à ces résidus sont d’ailleurs considérées comme maladies professionnelles en Allemagne).

  • Que tant les Etats membres de l’Union européennes, que les institutions européennes elles-mêmes promeuvent les marchés publics « équitables », qui respectent des critères sociaux et environnementaux ;

Il est ici demandé aux décideurs des Etats membres et de l’Union européenne de promouvoir la mise en œuvre de la directive 2004/18/CE sur les marchés publics et d’appuyer notamment les autorités locales dans leurs démarches pour intégrer des critères sociaux et environnementaux dans les conditions d’octroi des marchés publics.

  • Que l’Union européenne encourage les Etats à ratifier la Convention n° 110 sur les plantations (de l’Organisation Internationale du Travail) qui est un traité international important pour l’amélioration des conditions de travail des travailleurs de l’industrie floricole ;

A part l’Équateur, les principaux pays producteurs et exportateurs de fleurs n’ont pas ratifié la Convention n ° 110. C’est ce que rappelait encore Olivier De Schutter en 2009 dans son rapport « Acquisitions et locations de terres à grande échelle : ensemble de principes minimaux et de mesures pour relever le défi au regard des droits de l’homme » (A/HRC/13/33/Add.2, 28 décembre 2009), en soulignant l’importance de renforcer la protection des droits des travailleurs agricoles salariés, conformément aux conventions de l’OIT.

La pétition que nous proposons à votre signature a déjà été signée par 2 000 personnes concernées par le respect des droits humains et par 35 membres du Parlement européen. Mais pour pouvoir réellement relayer ces préoccupations et nous faire entendre, nous voulons pouvoir remettre aux décideurs politiques européens plus de 10 000 signatures !

Rejoignez-nous et relayez ces revendications autour de vous ! Comment ?

  • En faisant signer directement la pétition du FIAN-Echo (vous pouvez aussi en diffuser des copies autour de vous) et en la renvoyant à FIAN Belgium rue van Elewyck 35 à 1050 Bruxelles
  • En signant la pétition en ligne : www.ipetitions.com/petition/fairflowers/
  • En incluant un « bouton pétition » dans votre blog, page web, etc. (Demandez le bouton en envoyant un mail à florence@fian.be)