16 octobre 2012

Journée Mondiale de l’Alimentation

Luttons ensemble contre les investisseurs européens et pour les droits des paysans au Mozambique

16 octobre 2012 – À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, FIAN International, une organisation qui défend les droits humains, demande au public de soutenir les droits des paysans mozambicains dont le droit à l’alimentation est violé par des investisseurs européens.

Le Mozambique est un des pays les plus pauvres du monde. Près de 35 pour cent des ménages mozambicains vivent dans l’insécurité alimentaire et 46 pour cent de tous les enfants de moins de 5 ans sont sous-alimentés.

Afin de stimuler le développement, le gouvernement mozambicain et des donateurs promeuvent activement depuis de nombreuses années les investissements privés à grande échelle dans des plantations d’arbres. Selon des données récentes, six compagnies gèrent une zone d’une superficie totale de 550 000 hectares (ha).

Une de ces compagnies est Chikweti Forests de Niassa, une filiale du Fonds Forestier de Solidarité mondiale (GSFF en anglais), un fonds d’investissement suédois, qui a établi trois plantations sur 13 000 ha dans la province Niassa.

Chikweti avait annoncé qu’il créerait du travail, mais les emplois sont peu nombreux, instables et mal payés et ne représentent donc pas une source alternative de gagne-pain, selon le rapport de FIAN International (en anglais) ‘Impacts sur les droits humains des plantations d’arbres dans la province Niassa, Mozambique.’

« L’accès à la terre pour la production alimentaire des communautés paysannes de la région est restreint. Les communautés craignent que les conséquences environnementales des plantations de pins et d’eucalyptus causent une pénurie d’eau, une perte de la biodiversité et la dégradation des sols », a déclaré Philip Seufert de FIAN International et auteur du rapport.

L’agriculture familiale étant le moyen de subsistance principal de la région, ces facteurs ont un impact considérable sur la population rurale et confrontent les paysans à l’insécurité alimentaire. Leurs droits à une alimentation adéquate et à l’eau, tels que reconnus par les Nations Unies et la loi du Mozambique, sont violés.

Selon Rita João Rezuane, une représentante des paysans, « tous sont touchés, en particulier les femmes. Elles effectuent tout le travail à la maison et dans les champs et sont responsables de la cuisine et de la collecte d’eau. Les plantations étant entourées de barrières, les populations ne sont pas autorisées de passer, les femmes doivent faire tout le tour pour aller chercher du bois à brûler et, à l’avenir, de l’eau. Elles doivent parcourir des distances nettement plus longues ».

Une enquête menée par le gouvernement mozambicain en 2010 a confirmé les plaintes de la population locale. Cependant, aucune mesure adéquate ou effective n’a, jusqu’à présent, été prise.

Même si le principal responsable des violations du droit à l’alimentation des personnes touchées est l’Etat mozambicain, la Suède a aussi des responsabilités. L’organisation paysanne mozambicaine UNAC qui soutient les communautés touchées a, pour cette raison, demandé à FIAN d’interpeller le gouvernement suédois.

Une délégation de trois représentants des organisations paysannes mozambicaines ont récemment été en visite en Europe, et y ont rencontré des politiques, des investisseurs et des journalistes pour les avertir de la situation à Niassa et porter leurs demandes.

« C’était utile de transmettre notre message en personne » a déclaré Júlio Dos Santos Pêssigo, un membre paysan de la délégation. « Il est à présent extrêmement important que le public informe les autorités suédoises et nous soutienne, nous, les paysans, dans notre lutte pour notre droit à l’alimentation en leur demandant de rendre des comptes pour les actions de Chikweti Forests. »

Plus d’information :

FIAN International demande au public de soutenir la lutte des paysans mozambicains dans leur combat pour leurs droits à la terre et à l’alimentation en demandant au Ministère des Affaires Etrangères suédois, au Ministère du Commerce et au Ministère pour la coopération internationale au développement :
une évaluation des impacts sur les droits de l’Homme de la politique forestière promue par l’aide suédoise au développement au Mozambique et du projet Chikweti en particulier ;
l’adoption de mesures effectives pour mettre fin aux violations du droit à l’alimentation et à la terre à Niassa, ce qui inclut la régulation du GSFF ;
et l’introduction de mécanismes de contrôle pour suivre les activités de la compagnie et recevoir les plaintes des communautés locales et des défenseurs des droits de l’Homme.

Contact :

Philip Seufert - seufert@fian.org

Florence Kroff - florence@fian.be