Note d’analyse

La mise en oeuvre de la PAC 2015-2020 en Wallonie

Quel impact sur le droit à l’alimentation ?

La nouvelle Politique Agricole Commune est entrée en application le 1er janvier 2015.

Elle avait été adoptée en juin 2013 par l’Union Européenne, après de longues négociations entre les Ministres de l’Agriculture des 28 États membres et le Parlement européen, à partir d’une proposition de la Commission européenne. FIAN, en coalition avec d’autres organisations de la société civile et syndicats paysans avait demandé aux Ministres belge et wallon de l’Agriculture de « favoriser une agriculture locale, socialement juste et verte » et d’ « adopter une PAC sans impact négatif sur les droits humains dans les pays tiers ». Qu’en est-il ? La nouvelle PAC a laissé aux États membres ou aux régions des marges de manœuvre importantes dans son application. Quelle est l’orientation prise par la Wallonie ? Quel est l’impact sur le droit à l’alimentation ?

Face aux critiques vis-à-vis de la répartition très inégale des paiements directs entre exploitations, entre pays et face aux enjeux environnementaux, la Commission européenne a fait des propositions de redistribution et de verdissement des primes PAC. Le Conseil et le Parlement ont modifié ces propositions ou les ont rendues facultatives pour les Etats membres et les régions.

Entre 1990 et 2012, la main d’œuvre agricole totale en Wallonie a été divisée par 2. Les primes de la nouvelle PAC sont certes un peu plus justes, un peu plus vertes, avec quelques options favorables prises par la Wallonie. Mais l’avenir reste très incertain pour beaucoup d’exploitations wallonnes d’ici 2020, notamment dans le secteur de l’élevage.

Les contribuables, à travers une PAC restreinte à une distribution de primes, sont appelés à la rescousse pour que les terres continuent à produire – même avec moins de producteurs -, pour faire tourner les industries d’amont, d’aval et la grande distribution, qui s’approvisionnent à bas prix et, de fait, sont les vrais bénéficiaires des aides PAC. Ce système permet d’exporter vers les pays tiers céréales, poudre de lait, viande,… à des prix souvent inférieurs aux coûts de production européens : le dumping continue, au détriment en particulier des paysans africains.

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