8 mars 2012

Les gouvernements doivent assumer leurs responsabilités concernant le droit des femmes à l’alimentation


Bruxelles, 8 mars 2012
– A l’occasion de la Journée internationale de la Femme, FIAN International demande aux gouvernements d’intensifier leurs efforts pour garantir le droit des femmes à une nourriture adéquate. Selon les Nations Unies, sur les 925 millions de personnes qui souffrent de faim chronique, 60% sont des femmes.

« Le droit des femmes à l’alimentation est l’un des droits les plus violés au monde », déclare Flavio Valente, Secrétaire général de l’organisation internationale de défense du droit à l’alimentation.
« Nous constatons que ces violations résultent souvent de la violence structurelle à l’égard des femmes et d’un manque de responsabilité de la part des gouvernements qui ont pourtant l’obligation de protéger leur population de la faim. »

Suite aux interventions de FIAN et pour la première fois en 2011, le Comité des Nations Unies chargé de contrôler la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a explicitement reconnu le droit à l’alimentation des femmes dans les recommandations finales qu’il a faites aux gouvernements.

Dans une déclaration adressée au CEDAW par FIAN au nom des Organisations des femmes indigènes du Paraguay, les femmes expliquent leur situation : « Souvent, nous ne savons pas ce que nous allons manger ni donner à nos enfants le lendemain. Quand il y a à manger, nous devons nous contenter d’un repas par jour, composé exclusivement de riz ou de pâtes. Le manque de nourriture adéquate ainsi qu’une ingestion insuffisante de protéines et de vitamines affectent notre santé, la capacité d’apprendre de nos enfants et notre capacité de travailler. »

En réaction au rapport des femmes, le Comité CEDAW a recommandé au gouvernement du Paraguay d’intensifier ses efforts pour garantir de manière participative le droit des femmes indigènes à une alimentation adéquate.

Dans un rapport sur le droit des femmes du Népal à une nourriture adéquate, FIAN Népal dénonce de graves manquements dans la mise en œuvre de ce droit, dans un pays où près d’un quart des femmes de 15 à 49 ans sont mal nourries.

D’après le rapport, la seule source de revenu des femmes Gandharva dans le district de Surkhet consiste à ramasser du sable sur les rives du ruisseau Jhupra, à casser des pierres et à les charger dans des camions qui les transportent vers les villes où le sable et les pierres sont utilisés comme matériaux de construction. Pour ce travail effectué du matin au soir, elles reçoivent à peine 100 roupies népalaises (1,42 $) par jour, une somme inférieure au salaire fixé par le gouvernement local.

Dans ses observations finales concernant le Népal, le Comité a exprimé son inquiétude par rapport aux conditions de vie des femmes pauvres, en particulier leur manque d’accès à la terre, à une nourriture adéquate et à l’eau potable. Vu la proportion élevée de femmes travaillant dans le secteur informel, le CEDAW a recommandé à l’État du Népal de réguler le secteur informel pour garantir que les femmes ne soient pas exploitées. Le Comité a également fortement conseillé d’inscrire le droit à une alimentation adéquate dans la nouvelle constitution.

« Le suivi et les mécanismes visant à rendre les Etats responsables doivent naître de la prise de conscience de la nécessité de surmonter les barrières de la discrimination et de la violence structurelle auxquelles les femmes sont confrontées lorsqu’elles essaient de jouir de leur droit à une nourriture adéquate », conclut Flavio Valente.

Contact : Claire Guffens, claire@fian.be