4 mai 2012

Mali : des paysans arrêtés alors qu’ils travaillaient sur des terres accaparées

Le 23 avril, des paysans des communautés de Sanamadougou et de Saou, situées dans la région de Ségou dans la zone de l’Office du Niger au Mali, ont été arrêtés alors qu’ils essayaient de préparer leurs champs pour l’activité agricole de l’année à venir. Leurs terres ancestrales ont été accaparées par la Société Moulin Moderne du Mali en juin 2010. Depuis, on a empêché des dizaines de familles d’accéder à leurs champs et dépendent de la solidarité d’autres villages pour pouvoir survivre.

Le cas des communautés de Sanamadougou et de Saou doit être vu dans le contexte d’un processus plus ample d’accaparements de terres au Mali, et particulièrement dans la zone de l’Office du Niger. La plupart de ces projets d’investissements sont réalisés avec le soutien de l’Etat malien qui, dans beaucoup de cas, donne en bail des terres qu’il considère comme siennes. Selon des études, jusqu’à 85 % des terres arables maliennes ont été cédées en bail ou ont fait l’objet de négociations. Environ 70 % des Malien travaillent dans l’agriculture et le pays dépend fortement de l’agriculture familiale qui nourrit 80 % de la population. Dans la zone de l’Office du Niger, l’agriculture familiale représente 56 % de la superficie cultivée. Les communautés paysannes dépendent entièrement de l’agriculture qui est leur seul moyen de subsistance.

Les arrestations de la semaine dernière arrivent à un moment important pour la lutte des paysans maliens pour leurs terres : le 3 mai, le tribunal de Markal devait juger le cas déposé par les communautés des villages de Sanamadougou et de Saou. Le même jour, un autre cas d’accaparement de terres dans la zone, déposé par la communauté de Sansanding, était jugé.

FIAN a écrit une lettre ouverte au Premier ministre du Mali sur le sujet.