28 août 2017
Openbare actie bij de Algemene Vergadering van SOCFIN

SOCFIN onderdrukt verder de rechten van lokale gemeenschappen.

Luxemburg, 31 mei 2017 – Voor het derde jaar op rij hebben burgers en militanten van diverse Belgische, Franse en Luxemburgse organisaties een openbare actie gevoerd tijdens de Algemene Vergadering van de aandeelhouders van de agro-industriële groep SOCFIN. De actie voerde ten tonele hoe de onderneming de rechten van de lokale gemeenschappen onderdrukt en haar strategieën om de journalisten en de verdedigers van de gemeenschappen te intimideren.

Wat is SOCFIN ?
SOCFIN is een multinationale agro-industriële groep, gespecialiseerd in de cultuur van oliepalmbomen en heveabomen (rubber). SOCFIN staat onder controle van de Belgische zakenman Hubert Fabri (met 54,2% aandelen) en de Fransman Vincent Bolloré (39% van de aandelen). Sinds verschillende jaren breidt SOCFIN haar plantages verder uit in verscheidene landen in Afrika (Sierra Leone, Kameroen – filiale SOCAPALM – Guinea – filiale SOCFINCO) en in Azië. In het totaal controleert SOCFIN meer dan 400.000 ha. (meer dus dan 154% van het territorium van Luxemburg waar ze haar Algemene Vergadering houdt) en haar plantages groeiden van 129.658 ha. tot 186.767 ha. tussen 2009 en 2016, d.w.z. een verhoging van meer dan 40%.

De verdrukking van de rechten van de gemeenschappen
De manier waarop SOCFIN zich gronden eigen maakt gebeurt ten nadele van de kleine boeren en gaat samen met de onderdrukking van de rechten van lokale gemeenschappen, grondconflicten, mogelijke ontbossing, pollutie, slechte arbeidsvoorwaarden, enz. Talrijke rapporten van ngo’s en journalisten hebben deze impacts breed gedocumenteerd.

Internationale verbonden van de gemeenschappen

Gezien de misbruiken van de onderneming hebben de lokale gemeenschappen zich georganiseerd op nationaal en internationaal vlak. Reeds in 2013 stichtte men een “Internationaal Verbond van de naaste bewoners van de SOCFIN/Bolloré plantages”. Verscheidene malen heeft dit verbond de rechten van de gemeenschappen naar voor gebracht en zijn eisen voorgesteld aan de SOCFIN/Bolloré groep om te komen tot een vredige oplossing van de conflicten, maar dit zonder succes tot nog toe. Verre van een constructieve dialoog aan te gaan, verklaren de bestuurders van SOCFIN dat “de referentie naar zo’n sociale conflicten uit de lucht zijn gegrepen” en ze weigeren de vertegenwoordigers van de gemeenschappen te ontmoeten. Dit was nog het geval bij het bezoek van een vertegenwoordiger van het Internationaal Verbond te Brussel en Parijs in maart 2017. Lokaal hebben de herhaalde vredige mobilisaties van naaste bewoners toch de opening van een dialoog kunnen bereiken in enkele landen. Maar de vooruitgang is zeer traag en de concrete resultaten zijn miniem voor de getroffen boeren, niettegenstaande de nieuwe “politiek van een verantwoord beheer” die de groep heeft aangenomen in 2016.

Burgerlijke mobilisatie in Europa en hun eisen
De burgers en de genootschappen zijn nogmaals hun solidariteit komen manifesteren met de strijd van de lokale gemeenschappen, en zij herinneren :
aan de bestuurders en de aandeelhouders van de groep : dat het urgent is een oplossing te vinden voor de conflicten op het terrein.
aan de naties (zowel de landen waar SOCFIN zijn activiteiten beheerd als deze waar de plantages zich bevinden) : hun verplichting om de activiteiten van de onderneming te omlijnen en de rechten van de gemeenschappen te beschermen.
aan de cliënten en de financiële partners van de onderneming : hun verantwoordelijkheid om een eind te stellen aan de misbruiken van SOCFIN en hun handelsrelaties met de groep te herzien.

Ondertekend door :

  • Mouvement d’Action Paysanne (MAP)
  • ReAct
  • CNCD-11.11.11
  • FIAN Belgium
  • SOS Faim
  • Entraide et Fraternité
  • AEFJN Belgische antenne
  • FairFin
  • SCI
  • Oxfam-Solidariteit
  • CADTM

Suite à la publication de ce communiqué, Socfin a demandé un droit de réponse.
Bien que n’étant tenu par aucune obligation légale, nous publions ce droit de réponse accompagné d’une réplique.

SOCFIN - Droit de réponse

La Socfin rejette les déclarations mensongères des ONG l’accusant de bafouer les droits de ses nombreuses populations riveraines. Ces accusations sont basées sur une déformation malveillante de la réalité ou, pire encore, sur de complètes affabulations.

Contrairement à ces accusations, la Socfin est constamment à l’écoute de ses riverains. Dans chaque pays, cela fait partie intégrante du mandat de ses dirigeants. De plus, et selon les circonstances, les riverains de nos plantations ont accès aux nombreux services sociaux mis à la disposition de nos employés, qu’il s’agisse d’écoles ou de soins dans nos hôpitaux.

Nos riverains ne se reconnaissent absolument pas dans cette ”alliance internationale” créée par ces ONG ; celle-ci est notamment composée d’opportunistes cyniques en quête de profits fonciers ou de repris de justice reconnus coupables et condamnés pour des dégradations commises dans nos plantations. Ce sont de tels individus qui suscitent les conflits en espérant y trouver leur intérêt.

Il n’y a pas, il n’y a jamais eu “d’accaparement de terres” par la Socfin. Nous nous élevons avec la plus grande fermeté contre cette allégation dénuée du moindre fondement. Nos plantations font partie de concessions régulièrement acquises dans le plus strict respect des lois de chacun des pays où nous opérons, en accord avec les populations et les édiles locaux, et en application des procédures relatives au Consentement Libre, Informé et Préalable.

Quant à l’accusation d’intimidation qui lui est faite, elle relève d’une dialectique tout aussi fallacieuse : il semble légitime que la Socfin souhaite rétablir la vérité face aux diffamations nuisibles à sa réputation.

L’ensemble des concessions de la Socfin représente moins d’un tiers de pourcent des surfaces des pays ou elle est établie, il est donc absurde de parler dans son cas de dangereuses déforestations. Qui plus est, la Socfin s’est engagée dans une politique ‘’zéro-déforestation’’ qui suit l’approche HCS promue par Greenpeace.

La Socfin rappelle qu’elle emploie plus de 35’000 personnes, le plus souvent dans des zones où elle est seul investisseur. En 2016, les investissements sociaux de notre société se sont élevés à plus de €18 mios. Ils ont notamment servis à la formation de 52’391 jeunes dans nos 283 écoles, et plus de 330’000 consulations ont été effectuées dans nos 108 dispensaires et hôpitaux.

Les équipes de la Socfin sont fières du travail accompli dans les plantations et de l’aide apportée aux populations locales ; elles veillent au développement harmonieux de leur société, indissociable de ces populations.

SOCFIN SA
Société financière des Caoutchoucs
4, Avenue Guillaume
1650 Luxembourg

Notre réponse à SOCFIN

Socfin continue de nier la réalité des conflits fonciers et sociaux causés par ses accaparements de terres. D’après Socfin nos accusations sont « basées sur une déformation malveillante de la réalité ou, pire encore, sur de complètes affabulations. (…) Il n’y a pas, il n’y a jamais eu “d’accaparement de terres” par la Socfin. Nous nous élevons avec la plus grande fermeté contre cette allégation dénuée du moindre fondement. »

Pour répondre à ces accusations, nous rappelons que l’accaparement des terres implique une prise de contrôle de vastes étendues de terres par des acteurs puissants (publics ou privés) aux dépens des populations locales [1] et nous invitons le lecteur à consulter l’importante documentation démontrant les impacts négatifs des opérations de Socfin sur les populations locales. Nous invitons par exemple le lecteur à consulter (une partie) de la documentation collectée par FIAN Belgium sur la situation en Sierra Leone. Ces informations croisent des données provenant de différentes sources : entretiens directs avec les populations locales, revue des documents légaux, rapports approfondis d’ONG nationales et internationales, recherches académiques, analyse juridique, articles de presse, etc.

Alors que Socfin nous envoyait son « droit de réponse » déclarant être fière « du travail accompli dans les plantations et de l’aide apportée aux populations locales », la presse rapportait qu’un nouveau conflit avait éclaté en Sierra Leone. Un ultimatum exigeant le départ du directeur de Socfin aurait été remis par un groupe représentant des jeunes de Malen (Malen Youth Development Union – MAYODA). Les représentants cités dans l’article invoquent « des abus infligés aux travailleurs de la plantation de palmier à huile et l’échec des promesses de développement. » Nous sommes inquiets de l’évolution de la situation dans les prochains jours.

Les déclarations de Socfin dénonçant les représentants des communautés (notamment ceux de l’alliance internationale) comme des « opportunistes cyniques » et des «  repris de justice » est insultante. Cette attitude est par ailleurs en contradiction avec les engagements de sa nouvelle politique de gestion responsable, dans laquelle elle s’engage à respecter les droits des communautés, ainsi qu’ «  à consulter et s’engager avec toutes les parties prenantes concernées (internes et externes) de manière proactive afin de travailler de manière constructive ».

Etant donné le manque de collaboration de Socfin, nous demandons aux Etats d’encadrer les activités de l’entreprise et de faire respecter les droits des communautés, et nous demandons aux clients et partenaires de Socfin de revoir leur relations commerciales.


Notes

[1Pour une définition plus détaillée de l’accaparement des terres, voir S.M Borras Jr et al., « Accaparement de terres et droits de l’homme : rôle des sociétés et des entités financières européennes dans l’accaparement de terres en dehors de l’Union européenne », Étude commandé par la sous-commission "Droits de l’homme" du Parlement européen, Bruxelles, 2016 : « Le phénomène contemporain d’accaparement de terres correspond aux prises de contrôle d’étendues de terres relativement vastes et de leurs ressources naturelles par divers mécanismes et sous diverses formes, prises de contrôle qui vont de pair avec des investissements massifs de capitaux qui souvent orientent l’exploitation des ressources vers l’extraction des richesses minérales, à des fins nationales ou internationales, ce qui correspond à une réponse du capital à la convergence des crises financières, énergétiques et alimentaires, aux impératifs d’atténuation du changement climatique, et à la demande de ressources provenant des nouveaux pôles d’accumulation globale de capitaux.