27 juillet 2015

Vers une plus grande convergence de toutes les luttes

Alors que les droits humains, en particulier ceux des plus marginalisés, sont mis à mal par l’accaparement des multinationales, le patriarcat, la violence sexiste et les conflits qui agitent la planète, le Réseau mondial pour le droit à l’alimentation et à la nutrition a conclu sa dernière réunion sur une déclaration publique.

C’est à Katmandou que s’est tenue la dernière réunion du Réseau mondial pour le droit à l’alimentation et à la nutrition, un événement de 3 jours qui a réuni organisations de la société civile et mouvements sociaux du monde entier. Alors que les droits humains, en particulier ceux des plus marginalisés, sont mis à mal par l’accaparement des multinationales, le patriarcat, la violence sexiste et les conflits qui agitent la planète, les participants ont discuté comment atteindre la pleine application du droit à l’alimentation et à la nutrition. Inspiré par le pays accueillant l’événement, le Népal, qui a récemment entamé des consultations en vue d’une Constitution consacrant la souveraineté alimentaire alors qu’il traite encore les conséquences de tremblements de terre dévastateurs, le réseau mondial a conclu sa troisième réunion sur une déclaration publique.

A l’issue de la réunion, Flavio Valente, le Secrétaire général de FIAN International a déclaré : « La déclaration marque un tournant pour le réseau. Les représentants de la société civile du monde entier se sont mises d’accord pour une plus grande convergence de toutes les luttes afin de lutter ensemble contre les atteintes aux droits des peuples. La terre, l’eau, les forêts, les ressources naturelles, les moyens de subsistences et l’identité de nombreuses communautés sont menacés et aucun mouvement social ou organisation ne peut s’attaquer à ces défis seul. Il faut lutter ensemble pour défendre la primauté des droits humains sur le modèle actuel de développement, et tenir les Etats responsables de leurs obligations vis-à-vis de ces droits ».

Le réseau, lancé officiellement en juin 2013, a été l’aboutissement d’un processus de consultation très large, prenant en compte l’aggravation de la crise alimentaire mondiale chronique, laquelle se caractérise elle-même par la persistence de violations graves du droit à l’alimentation et l’impunité dominante dont en jouissent leurs auteurs. Le Réseau est d’abord une lutte commune vers la pleine application du droit humain à l’alimentation adéquate et à la nutrition, dans un contexte d’invisibilité des droits humains et de la souveraineté des peuples. Cette lutte commune a commencé avec la préparation du Forum parallèle de la société civile en vue du Sommet mondial sur l’alimentation en 1996.

Avec cette déclaration, les membres et sympathisants du réseau s’engagent à se mobiliser pour renforcer ensemble l’obligation de transparence en matière de droits humains ainsi que des cadres juridiques basés sur les droits humains, du niveau local au niveau mondial. en outre, la déclaration énumère une série d’engagements, notamment à soutenir et protéger les défenseurs des droits humains et à lutter pour l’éradication de toute forme de discrimination, de violence envers les femmes et d’accaparement par les multinationales dans toutes ses formes et dans tous les secteurs.

NOTE AUX REDACTEURS :

Le Réseau est une initiative d’Organisations de la société civile et de mouvements sociaux d’intérêt public (paysan(ne)es, pêcheurs(euses), pasteurs, personnes sans terre, consommateurs, personnes en situation de pauvreté, travailleurs/ses agricoles et du secteur de l’alimentation, femmes, jeunes et peuples indigènes) qui reconnaissent la nécessité d’agir conjointement for la réalisation du droit à une alimentation adéquate et à la nutrition. Le Réseau :

  • Ouvre un espace de dialogue et de mobilisation pour ses membres dans le but de tenir les Etats responsables de réaliser ce droit, eu égard à leurs obligations territoriales et extra-territoriales ;
  • Soutient les luttes des mouvements sociaux et des groupes contre les violations de ce droit ;
  • Soutient et protège autant qu’il le peut les défenseurs/ses des droits humains contre la répression, la violence et la criminalisation dont ils/elles sont victimes,
  • Oeuvre à mettre un terme à l’impunité dont jouissent les violations cautionnées par les Etats et les auteurs non-étatiques de ces violations ;
  • Promeut l’interprétation globale du droit humain à une alimentation adéquate et à la nutrition, comprenant la pleine application des droits des femmes, dans le cadre de la souveraineté alimentaire.

Pour plus d’information, lire la déclaration.
Contact presse : delrey[at]fian.org
Pour plus d’informations sur le réseau, contacter secretariat[at]GNRTFN.org
Liste d’organisations que adoptent la déclaration.