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Le droit à l’alimentation

Se nourrir est un droit humain fondamental

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Les mythes de la faim

Mythe 1 : La terre ne produit pas assez de nourriture

Faux.

La Terre produit assez de calories et de protéines pour nourrir sa population actuelle. Pour être en bonne santé, l’être humain doit disposer d’au minimum 2000 calories/jour. La terre en produit 3500 par personne et par jour. Nos ressources naturelles produisent de quoi fournir à chacun un "paquet" de nourriture quotidien de plus de 2 kg. Le vrai problème, c’est que beaucoup de personnes sont trop pauvres pour s’acheter la nourriture disponible. Même dans les pays où sévit la faim, il y a souvent assez de nourriture. Certains pays sont même exportateurs nets de produits agricoles.

Mythe 2 : C’est la faute au climat...

Faux.

Les tornades sont des gouttes d’eau qui font déborder les océans d’une injustice préexistante. La pauvreté est bien plus catastrophique que la pluie. Dans les pays où la sécurité sociale est équitable et bien organisée, on ne meurt pas de faim, même après une inondation. La nourriture est toujours disponible pour ceux qui ont les moyens. Ce sont les institutions humaines et les poltiques gouvernementales qui déterminent qui a de quoi manger et qui a faim dans les périodes difficiles. De la même façon, dans les pays du Nord, de nombreuses personnes meurent de froid pendant l’hiver. Pourtant, ce n’est pas la faute au climat...

Mythe 3 : Nous sommes trop nombreux...

Faux.

Dans aucun pays, la densité de population ne peut, seule, expliquer la famine. C’est la pauvreté qui est la cause principale de la faim. C’est elle aussi qui, bien souvent, incite les femmes à avoir beaucoup d’enfants. Par ailleurs, il est faux aussi de croire que nourrir plus de monde mettrait l’environnement en danger. Les techniques et connaissances actuelles devraient permettre d’exploiter la terre de manière respectueuse. La destruction de ressources naturelles résulte rarement d’un effort pour garantir l’accès de chacun à la nourriture. La déforestation ou l’usage intempestif de pesticides dans les pays du sud, par exemple, sont très souvent imputables à des sociétés d’exportation de produits tropicaux consommés en Occident.

Mythe 4 : Il faut augmenter la productivité agricole

Produire plus ne permet pas d’éradiquer la faim.

Dans les années 60, la révolution verte a permis d’augmenter fortement la production céréalière dans un certain nombre de pays : en Inde, au Mexique, aux Philippines. Mais cela n’a pas suffi pour en finir avec la faim. Pourquoi ? Car les inégalités de répartition des ressources se sont maintenues, et même parfois aggravées. Dans certaines régions, des paysans se sont fortement endettés et se sont retrouvés dans une situation encore plus précaire qu’auparavant. La révolution verte a également eu des impacts désastreux sur l’écosystème : usage intensif d’engrais et pesticides, pollution du sol, etc. Aujourd’hui, on essaie de nous vendre une deuxième révolution verte : celle des biotechnologies et des organismes génétiquement modifiés (OGM)... Enfin, il faut cesser d’associer grandes exploitations et grands rendements. Les grandes exploitations ne sont pas les plus rentables à l’hectare. Les grands propriétaires terriens, qui contrôlent les terres les plus fertiles, laissent la plupart du temps une partie en friche. Au contraire, les petits agriculteurs travaillent leur terre de manière intensive et avec des méthodes de production intégrée. Au total, ces derniers obtiennent des rendements 4 fois supérieurs à l’hectare.

Mythe 5 : Il faut libéraliser les marchés agricoles

Faux.

Dans la plupart des pays du Sud, la libéralisation agricole s’est accompagnée d’une augmentation des exportations tandis que la faim s’est maintenue à ses niveaux antérieurs ou a même touché de nouvelles victimes. Les inégalités ne peuvent être effacées par l’évolution du marché si les gouvernements ne prennent pas des mesures actives pour lutter contre la pauvreté (réformes agraires, système de couverture sociale, création d’emploi…). Les cultures d’exportation, plus rentables, remplacent les cultures traditionnelles vivrières. Les agriculteurs locaux sont mis en concurrence avec des produits importés moins chers et ne peuvent plus vivre de leur production. Quant à l’ouverture des marchés, elle favorise souvent l’exportation sans répondre aux problèmes locaux de consommation.

Mythe 6 : Ceux qui ont faim ne luttent pas pour s’en sortir

Faux.

On est bombardés d’images misérabilistes nous faisant oublier que partout, les paysans s’organisent et luttent pour le respect de leurs droits. Du mouvement zapatiste au Mexique aux mouvements paysans indiens, la résistance grandit partout. Les agriculteurs du monde ne demandent qu’à se nourrir eux-mêmes, si on leur en donne la possibilité.

Mythe 7 : Il faut davantage d’aide alimentaire

L’aide alimentaire n’amène pas de changements mais renforce le status quo. Parfois, l’aide est détournée au profit des élites et n’atteint pas ceux qui ont faim. Elle fait chuter les cours et décourage les producteurs locaux. Elle crée de nouvelles habitudes alimentaires et est utilisée comme instrument commercial. Elle est parfois utilisée pour forcer l’entrée de nouveaux produits comme des OGM.

Mythe 8 : Nous bénéficions de leur pauvreté

Faux.

La persistance de la pauvreté dans le Sud menace les emplois et les conditions de travail au Nord, parce que les entreprises cherchent de la main d’œuvre toujours moins chère et corvéable à merci. Ce que nous avons acquis sur le plan des droits sociaux et économiques ne peut être maintenu à long terme que si tous les êtres de la planète en bénéficient.

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