24 janvier 2025
Publication de FIAN International

Au-delà des chiffres : vers une nouvelle approche du suivi de la sécurité alimentaire en temps de conflits ou de crises

FIAN International a récemment publié une note d’information essentielle, disponible en plusieurs langues (anglais, arabe, espagnol et français), qui invite à une réflexion approfondie sur les lacunes de la surveillance internationale en matière de sécurité alimentaire, en particulier dans les contextes de crise et de conflit. Ce document se penche sur les limites du système actuel de Classification Intégrée de la Sécurité Alimentaire (IPC) et explore des approches basées sur les droits humains pour prévenir les famines et renforcer les réponses internationales.

Comprendre les limites actuelles

La communauté internationale échoue trop souvent à fournir des réponses efficaces et coordonnées face aux crises alimentaires. Des situations qualifiées dans les médias « au bord de la famine » ou « au bord de l’inanition » masquent souvent une réalité plus sombre  : des milliers de personnes meurent déjà de faim ou de maladies liées à la malnutrition, comme c’est le cas dans des régions telles que Gaza ou le Soudan.

Le rapport Au-delà des chiffres : repenser le suivi de la sécurité alimentaire dans les conflits et les crises interroge plusieurs aspects fondamentaux  :

 Qu’est-ce qu’une famine  ?
 Qui décide de son existence et comment est-elle mesurée  ?
 Quelles sont les conséquences pour les communautés en termes de souveraineté alimentaire et de droits humains  ?

Ces questions permettent de poser un regard critique sur les systèmes actuels de surveillance, qui se concentrent trop souvent sur des seuils de mortalité plutôt que sur les causes structurelles des famines.

Agir en amont : vers une approche basée sur les droits humains

Selon Ayushi Kalyan, chargé de mission chez FIAN, «  le véritable défi ne consiste pas seulement à compter les morts, mais à identifier plus tôt les risques réels et structurels et à s’attaquer aux causes profondes avant qu’elles ne dégénèrent en catastrophe.  »

Les famines et les crises alimentaires ne surgissent pas spontanément  : elles sont le résultat de mécanismes systémiques d’exclusion, de violations prolongées des droits économiques et sociaux, et d’un manque de participation des communautés affectées dans les processus de suivi et de décision.

Selon Michael Fakhri, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, la famine reflète « l’abandon fondamental par un État de ses obligations en matière de droits humains... et lorsqu’un État ou tout autre acteur viole systématiquement le droit à l’alimentation, il s’agit d’une alerte précoce qui indique un certain degré d’intention d’affamer une population », précise-t-il dans un rapport récent.

Emily Mattheisen, également chargée de mission chez FIAN, souligne l’importance de mettre en lumière les dynamiques de pouvoir dans ces crises et d’intégrer des indicateurs fondés sur les droits humains  : «  Pour lutter efficacement contre la faim, nous devons donner la priorité aux voix des communautés locales et repenser les outils de suivi traditionnels.  »

Un dialogue pour de nouvelles solutions

Cette note d’information appelle à une collaboration renforcée entre les acteurs humanitaires et ceux œuvrant pour le droit à l’alimentation. L’objectif  ? Imaginer des mécanismes de suivi plus inclusifs et efficaces, capables d’identifier et de prévenir les violations du droit à l’alimentation, et de mieux répondre aux crises avant qu’elles ne se transforment en catastrophes.

En savoir plus

Pour consulter le rapport complet et participer à cette réflexion cruciale, téléchargez la note en français. Pour télécharger la note dans les autres langues disponibles, visitez le site de fian international.