1er mai 2025
Journée des Luttes paysannes 2025

Contre l’emprise féodale, les paysan·nes se lèvent pour l’accès à la terre !

Retour sur un week-end de mobilisation paysanne en Belgique

Château assiégé, armures de fortune, revendications politiques cortège et actions symboliques en Walonnie comme en Flandres : à l’occasion de la Journée internationale des luttes paysannes, le Réseau de Soutien à l’Agriculture Paysanne (RéSAP) et les Landbouwbrigades ont organisé une série d’actions. Un combat pour la terre, pour la transition de nos systèmes alimentaires et l’avenir de l’agriculture paysanne en Belgique.

Un week-end d’action pour la souveraineté alimentaire

Du 12 au 13 avril 2025, les militant·es du RéSAP, les agriculteur·ices et allié·es de l’agriculture paysanne se sont mobilisé·es dans tout le pays contre l’accaparement des terres agricoles par des sociétés de gestion comme la SOGESA. Ces entités, armes des grands propriétaires terriens, perpétuent une logique féodale d’emprise et de précarisation du monde agricole.

Le point d’orgue de cette mobilisation s’est tenu le samedi 12 avril à Floreffe, lors d’une action aussi symbolique qu’originale : le siège du château de Monsieur De Dorlodot, administrateur de la SOGESA. Sur place : catapultes, costumes médiévaux, animations et revendications fortes contre les logiques spéculatives qui empêchent les jeunes paysan·nes d’accéder à la terre.

📷 Découvrez l’album photo complet de la journée ici.]

🎥 Regardez l’aftermovie de la journée sur Facebook

Merci à nos photographes bénévoles : Brieuc Van Elst, Bruno Stimoli et Chloé, pour avoir capté l’énergie de cette journée haute en couleurs et en colère !

Une action politique : rencontre avec la ministre Dalcq

Le 17 avril, une délégation du RéSAP rencontrait la ministre wallonne Bénédicte Linard-Dalcq pour lui remettre symboliquement un bail à ferme et l’argent de la PAC récupéré auprès de la SOGESA. Objectif : demander des réformes claires, notamment :

- Rendre le bail à ferme impératif dans toutes les transactions agricoles.
- Exclure définitivement les sociétés de gestion du statut d’agriculteur actif, condition pour percevoir les aides publiques.

Plus d’infos sur cette rencontre ici : [Agroecology in Action – Rencontre avec la ministre Dalcq]

Une mobilisation nationale et unie

Le dimanche 13 avril à Gand, c’est la Flandre qui prenait le relais de la mobilisation. Rassemblé·es autour du mot d’ordre commun : “De strijd voor toegang tot grond is een strijd voor onze toekomst”, les activistes néerlandophones ont également dénoncé les mécanismes qui empêchent l’accès équitable à la terre et freinent le développement d’une agriculture durable et autonome.

À l’occasion de cette mobilisation, deux cartes blanches – l’une francophone, l’autre néerlandophone – ont été publiées dans la presse nationale.

  • Côté francophone, la carte blanche "Les sociétés de gestion contre le bail à ferme" dans LESOIR mentionnait entre autres :
    _

    “L’accès à la terre est aujourd’hui confisqué par des structures financières opaques et spéculatives. Face à elles, les agriculteur·ices sont relégué·es au rang de locataires précaires.”

  • Côté flamand, l’article "Grondhonger van Colruyt en co baart boeren zorgen" publié dans APACHE faisait résonner ces mots :

    “Grondeigenaren nemen steeds meer controle over de grond en ontnemen boeren hun gebruiksrecht, puur in hun eigen belang om winst te maximaliseren”, zegt Cedric Beerten van FIAN. Kortetermijncontracten, tijdelijke verhuur en niet-agrarisch gebruik worden ingezet om de pachtwet te omzeilen. Boeren verliezen hun autonomie en worden afhankelijk van onzekere, tijdelijke regelingen, waardoor duurzame en langetermijnplannen onmogelijk worden. [1]

Ces tribunes convergent vers un même appel : réguler l’accès à la terre, soutenir l’agriculture paysanne, briser le pouvoir des seigneurs fonciers modernes.

💥 Et maintenant ? On ne lâche rien !

Le RéSAP poursuivra son action en appuyant les propositions de réforme structurelle en Wallonie comme en Flandre. L’objectif est clair : mettre fin à l’impunité des sociétés de gestion, protéger les terres agricoles et garantir un avenir à celles et ceux qui les cultivent.


Notes

[1Les propriétaires fonciers prennent de plus en plus le contrôle des terres et privent les agriculteurs de leurs droits d’utilisation, uniquement dans leur propre intérêt pour maximiser leurs profits », explique Cédric Beerten de FIAN. Les contrats à court terme, les locations temporaires et l’utilisation non agricole sont utilisés pour contourner la loi sur le bail. Les agriculteurs perdent leur autonomie et deviennent dépendants d’arrangements incertains et temporaires, rendant toute planification durable et à long terme impossible.