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14. Juni 2022
Note politique

Le cas de la filiale de SIAT en Côte d’Ivoire

Les acquisitions de terres à grande échelle en Afrique: Impacts, conflits et violations de droits humains

"Les entreprises doivent respecter les droits humains et l’environnement tout au long de leurs chaînes de valeurs."

Le présent dossier fait partie d’une série de documents destinés à inscrire la bonne gouvernance foncière, les questions liées aux droits fonciers et la prévention des conflits portant sur des ressources au programme des dirigeants politiques européens et africains.

Profil de l’entreprise et résumé du dossier

La SIAT (Société d’investissement pour l’agriculture tropicale) est une société anonyme de droit belge. Sur son site web, la SIAT se présente comme une «société familiale» à la tête du SIAT Group, lequel compte des filiales au Ghana, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Cambodge. Fondée en 1991, la société s’est spécialisée dans la production de caoutchouc et d’huile de palme. Son siège social se trouve à Zaventem, près de Bruxelles en Belgique.

Des communautés ivoiriennes, nigérianes et ghanéennes accusent la SIAT d’accaparement de terres, d’atteintes à leurs droits et à ceux de ses travailleurs et travailleuses, de dégradation de l’environnement et de menace à la souveraineté alimentaire des populations autochtones et des communautés locales dont la survie dépend de la terre. [1]

Sur son site web et dans ses messages publics, l’entreprise se déclare pourtant attentive aux questions d’environnement et de durabilité. La SIAT s’enorgueillit d’avoir été l’un des premiers membres de la Table ronde sur l’huile de palme durable. [2]

En 2014, elle a créé un département «durabilité» pour gérer et traiter les politiques en la matière. La SIAT affirme par ailleurs être attentive aux besoins sociaux et économiques des communautés auxquelles elle apporte un soutien actif «en matière d’éducation et de développement d’infrastructures pour les routes, l’eau potable et l’électricité» et, ce faisant, «créer une stabilité et un engagement qui, à leur tour, sécurisent les investissements du groupe».

La SIAT fait partie des cinq grandes entreprises qui, à elles seules, contrôlent 75% des plantations de palmiers à huile en Afrique. [3]

Les investissements de la société en Afrique occidentale alimentent directement les filières internationales du caoutchouc et de l’huile de palme. Il ressort d’une analyse de la filière commanditée par la CIDSE que les produits à base d’huile de palme des filiales de la SIAT sont vendus directement à de grandes multinationales telles qu’Unilever (UK) et Nestlé (CH), tandis que les produits en caoutchouc alimentent les chaînes d’approvisionnement de géants internationaux du pneumatique tels que Michelin (France, US) et Goodyear (US).

Au Nigeria, au Ghana et en Côte d’Ivoire, des communautés sont entrées en campagne contre les activités de la SIAT. [4]

Les contextes sont certes différents, mais les communautés locales relèvent plusieurs points communs :

  • litige sur les droits fonciers entre les communautés et les États,
  • acquisition de terres sans le consentement des communautés détenant des droits sur celles-ci,
  • dégradation de l’environnement,
  • perte de biodiversité,
  • perturbation des moyens de subsistance
  • et menace pour la souveraineté alimentaire/les systèmes alimentaires locaux avec des impacts différenciés sur les femmes et les enfants.

Le présent dossier politique se concentre sur les conséquences de la présence de la SIAT en Côte d’Ivoire, où 11 000 hectares font l’objet d’un litige entre les villages situés dans la sous-préfecture de Famienkro et la Compagnie hévéicole de Prikro (CHP), filiale ivoirienne de la SIAT.


Cette note politique fait partie d’une série de 4 analyses de cas spécifiques d’accaparement de terres. Les 3 autres notes sont disponibles ici: