10 décembre 2025
La VIA CAMPESINA

Les droits des paysans au cœur de l’action climatique mondiale

La Déclaration du Groupe de travail de l’ONU sur les droits des paysan.nes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales à l’occasion de la COP30

Lors de la 30e Conférence des Parties des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), le Groupe de travail de l’ONU sur les droits des paysans a lancé un appel urgent pour l’intégration des droits des travailleur·euse·s rura·les·ux dans les politiques climatiques. En mettant l’accent sur la nécessité d’un financement équitable et d’un soutien direct aux communautés, cette déclaration souligne le rôle crucial des paysan·ne·s dans la lutte contre la crise climatique.

Déclaration du Groupe de travail de l’ONU sur les droits des paysan.nes et des autres personnes travaillant dans les zones rurales à l’occasion de la COP30

« La crise climatique est indissociable de la crise de l’injustice rurale  », a déclaré le président du Groupe de travail. « Les paysans et les travailleurs ruraux nourrissent le monde »

10 novembre 2025

  1. Les droits des paysans et des travailleurs ruraux au cœur de la justice climatique.
    Alors que les dirigeants mondiaux et la société civile se réunissent pour la 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), le Groupe de travail des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales appelle à un changement clair de la politique climatique mondiale. Les paysans, les peuples autochtones, les pêcheurs, les éleveurs et les travailleurs ruraux ne doivent plus être considérés uniquement comme des victimes de la crise climatique, mais comme des leaders essentiels dans la restauration des écosystèmes, l’alimentation des communautés et la construction de la justice sociale et économique.
    Environ 2 milliards de paysans, de peuples autochtones et de producteurs cultivent plus de 70 % de la nourriture consommée dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ils protègent également une grande partie de la biodiversité mondiale, maintiennent en vie les semences et les races traditionnelles, et préservent les écosystèmes et les paysages qui soutiennent la vie et les économies rurales. Pourtant, ils reçoivent moins d’un pour cent du financement mondial de la lutte contre le changement climatique et sont souvent exclus des décisions clés concernant l’avenir de l’alimentation et du climat. Ce déséquilibre doit cesser.
  2. Aligner l’action climatique sur les droits de l’homme
    L’Accord de Paris et les droits de l’homme visent à atteindre les mêmes objectifs. Les gouvernements ne peuvent pas réaliser de véritables progrès en matière de climat tout en ignorant leur devoir de protéger les droits de ceux qui nourrissent le monde. Les États devraient inclure les principes contenus dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan.ne.s et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP), notamment les droits à la terre, aux semences, à l’eau, à la biodiversité et à la participation.
  3. Orienter le financement de la lutte contre le changement climatique vers des solutions dirigées par les paysan.ne.s
    La plupart des financements climatiques soutiennent encore les grandes entreprises agroalimentaires, plutôt que ceux qui sont en première ligne des impacts et des actions innovantes pour lutter contre le changement climatique. Le Groupe de travail appelle à la mise en place de canaux de financement spéciaux pour soutenir directement les détenteurs de droits de l’UNDROP.
  4. Partager la technologie équitablement et respecter les connaissances
    Pour que l’adaptation soit efficace, la technologie doit servir les communautés. Nous exhortons les gouvernements à respecter leurs engagements vis-à-vis de l’UNDROP en facilitant la coopération internationale et le partage des connaissances.
  5. Protéger les terres, l’eau et la biodiversité
    Les objectifs climatiques ne peuvent être atteints tant que l’accaparement des terres et la déforestation se poursuivent. Le Groupe de travail préconise la sécurisation des droits à la terre et aux ressources, ainsi que des modèles de propriété collective qui soutiennent les personnes et la nature.
  6. Assurer une transition juste pour les populations rurales
    Le passage à des systèmes alimentaires durables doit protéger les moyens de subsistance des paysans. Tous les investissements climatiques doivent respecter les obligations en matière de droits humains afin de prévenir les abus au travail, les pertes de terres et la dégradation environnementale.
  7. La voie à suivre
    La COP30 offre une occasion rare de faire le lien entre les droits de l’homme et la politique climatique. Le Groupe de travail appelle les États à garantir que tous les fonds respectent les droits définis dans l’UNDROP et à réformer les installations climatiques pour permettre un accès direct aux détenteurs de droits.

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