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22. Juni 2015

Oui, il y a des paysans en Europe et leur droits doivent être protégés

Genève, le 22 juin 2015 - Pendant trois jours, début juin 2015, les organisations paysannes européennes de la Via Campesina et leurs alliés (FIAN, CETIM, Mundubat, Pain pour le Prochain) se sont retrouvés à Genève pour rencontrer les représentants européens et échanger sur la nouvelle version du projet de Déclaration des droits des paysans et autres personnes travaillant en milieu rural.

Cet atelier fait suite à la deuxième session du groupe de travail intergouvernemental à composition non-limitée pour une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans qui s’est tenue au Conseil des droits de l’homme en février de cette année. « Au vu de la faible participation des représentants des États de l’Union européenne à cette session de négociation, il nous est apparu capital de pouvoir organiser une rencontre spécifique avec les délégations de l’Union européenne à Genève afin d’échanger sur le contenu important de cette Déclaration et d’apporter des éclairages tant d’experts que de paysannes et paysans européens » explique Florence Kroff de FIAN Belgium.

Geneviève Savigny, de la Confédération paysanne en France, suit le processus pour ECVC (Coordination européenne Via Campesina) depuis plusieurs années: « Se rencontrer ici à Genève entre agriculteurs et paysans européens a, à nouveau, démontré que les difficultés, discriminations et marginalisations vécues par les paysans se ressemblent tant entre États européens qu’entre le Sud global et le Nord global. C’est ce qui renforce la pertinence d’une telle Déclaration de droits humains adoptée par les Nations Unies ».

Le 4 juin, les représentants de ECVC ainsi que leurs alliés, ont pu échanger plus longuement avec les Délégations permanentes des États européens devant les Nations Unies à l’occasion d’une Rencontre d’experts sur la Déclaration des droits des paysans accueillie au sein de la Délégation permanente de l’Union européenne et présidée par les représentants luxembourgeois en préparation de la Présidence de l’Union européenne, qu’ils assumeront de juillet à décembre 2015. Olivier De Schutter, l’un des experts présents s’est exprimé sans équivoque : « Dans le contexte actuel, cette Déclaration fait sens non seulement parce qu’on observe que de nombreuses violations du droit à l’alimentation des paysans découlent de l’extrême pauvreté qui les touche mais aussi parce qu’il est urgent de reconnaître des droits spécifiques et émergents aux paysans ». Wolfgang Hess, paysan allemand (ABL) a pu illustrer les propos des experts en témoignant des problèmes systématiquement rencontrés par les jeunes et nouveaux paysans qui veulent s’installer en Europe : « La spéculation foncière en Europe ne cesse de croître. Et si, dans la théorie, les États disent favoriser une agriculture durable, la réalité est toute autre : les agriculteurs européens sont toujours plus poussés à exporter et à agrandir leurs fermes pour ne pas travailler à perte ».

« En septembre 2015, les États membres du Conseil des droits de l’homme seront à nouveau amenés à se prononcer sur la prorogation du mandat du Groupe de travail intergouvernemental chargé d’élaborer une Déclaration de l’ONU sur les droits des paysans. Nous appelons nos représentants des États membres de l’Union européenne, à respecter leurs engagements internationaux - en votant en faveur de la protection des millions de producteurs d’aliments de par le monde, gardiennes et gardiens de notre Terre Mère et de la subsistance des générations futures » a ajouté Sandra Moreno du SAT-SOC (syndicat andalous de travailleurs agricoles membres de ECVC).

Contacts :

ECVC - Geneviève Savigny – genevieve.savigny@wanadoo.fr

FIAN - Florence Kroff – florence@fian.be

CETIM - Melik Özden – contact@cetim.ch

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