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20. März 2018

Il est temps d’agir pour la préservation des terres agricoles !

FIAN Belgium publie une étude sur les terres agricoles

Alors que le festival Nourrir Liège bat son plein et à l’occasion de la prochaine journée des luttes paysannes, FIAN Belgium publie une étude dressant un état des lieux très complet sur la situation actuelle de nos terres agricoles belges. Ces terres continuent de disparaître, principalement à cause de l’artificialisation des sols. Intitulée « Pressions sur nos terres agricoles. Face à l’artificialisation des sols, quels leviers d’action ? », l’étude développe ce constat et met en lumière le manque de moyens et d’outils pour préserver ces terres, trahissant un réel manque de volonté politique.

Face à l’échec du modèle dominant pour garantir une alimentation durable et de qualité pour tous, il est urgent de repenser nos pratiques et nos politiques pour renforcer un autre modèle, favorisant des systèmes agroécologiques diversifiés. L’enjeu de la terre et de ses fonctions fait partie intégrante de cette réflexion. Les terres agricoles subissent aujourd’hui des pressions accrues, telles que la concurrence des usages, la concentration et spécialisation des exploitations agricoles, l’augmentation du prix de la terre, etc. L’artificialisation des sols reste l’une des causes principales de la disparition des terres agricoles. En Belgique, elle est en progression constante (entre 12 et 17 km² par an depuis 1985), même si ce phénomène reste mal documenté et l’absence de données objectives contribue à l’aggravation de la problématique. A partir d’observations de terrain et du témoignage de collectifs citoyens et paysans directement confrontés au phénomène d’artificialisation, l’étude tente de mesurer l’impact réel de l’industrie, des loisirs et surtout de l’urbanisation, et leur responsabilité dans la disparition des terres agricoles.

L’étude s’appuie sur différentes analyses de cas pour illustrer cette tension foncière et les luttes de collectifs citoyens et paysans pour la préservation de la terre agricole, comme le cas du Ry-Ponet, dans l’arrondissement de Liège. L’espace paysager de plus de 300 hectares autour du val du Ry-Poney, s’est vu menacé par un projet immobilier de la société Neufcour qui envisageait d’y construire plus de 500 logements. Active depuis 2015, la Plateforme Ry-Ponet, aux côtés des habitants des quartiers environnants, a demandé aux autorités compétentes de refuser le permis de construire à ce projet immobilier et de protéger durablement ce site. La mobilisation citoyenne a porté ses fruits puisque la demande de permis a été retirée par le promoteur à la suite de l’enquête publique. Mais de nombreux autres projets témoignent des pratiques encore courantes de changements d’affectation des sols, et ce toujours au détriment des terres agricoles.

Les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à assumer, non seulement sous l’angle de la régulation, mais également celui de l’incitation. Parmi les leviers d’action à portée de la Belgique, une meilleure gouvernance foncière passe par une meilleure gestion et valorisation des terres publiques et peut également permettre de gérer un ensemble de biens communs. A cet égard, l’étude formule une série de recommandations étayées, qui démontrent la nécessité que les pouvoirs publics passent à l’action de manière concrète, entre autres en contribuant à la transparence du marché foncier : en œuvrant à préserver les terres agricoles et en soutenant les « bonnes pratiques » de gestion foncière.

L’étude sera présentée lors d’un atelier le samedi 24 mars au Forum Nourrir Liège 2018 sur les combats pour la préservation des terres agricoles et lors d’une journée de mobilisation contre le bétonnage des terres agricoles le 15 avril, à l’occasion journée mondiale des luttes paysannes.

Contact presse
Astrid Bouchedor - astrid@fian.be - 0485111596