Leider ist dieser Text nicht auf Deutsch verfügbar. Originaltext: fr
PARTIE 1 : UN SYSTÈME EN DÉROUTE

Se nourrir lorsqu’on est pauvre

« low cost » et politiques de courte vue

Alors que la Belgique et les Etats membres de l’UE se sont engagés à réduire le nombre de personnes en risque de pauvreté pour 2020, les chiffres de la pauvreté diminuent peu. Or, c’est d’abord sur les achats alimentaires que les ménages les plus précaires tentent d’économiser. Ces familles subissent alors une « double peine » : les produits les moins sains étant les moins chers, elles n’ont accès qu’à des produits de mauvaise qualité nutritionnelle, et, parallèlement, souffrent de ne pas pouvoir suivre les recommandations nutritionnelles bonnes pour leur santé. Face à ce constat, il est temps de remettre en question l’alimentation « low cost » et de replacer l’alimentation comme élément central de notre culture.

Par Olivier De Schutter, professeur à l’Université catholique de Louvain. Ancien Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation (2008-2014) et Rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains depuis mai 2020. Il co-préside le Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food).

Téléchargez cet article au format PDF

Liens entre pauvreté et malnutrition

En 2010, au moment de lancer la stratégie « Europe 2020 » pour « une croissance intelligente, durable et inclusive », les Etats membres de l’Union européenne (UE) s’étaient engagés à réduire de 20 millions le nombre de personnes en risque de pauvreté pour 2020. A l’arrivée, nous sommes loin du compte: selon les dernières statistiques disponibles de l’agence européenne de statistiques Eurostat, portant sur l’année 2018, 110 millions de personnes étaient encore en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’UE des 28 (incluant le Royaume-Uni), une diminution d’à peine 8 millions par rapport à l’année 2010 qui, pourtant, se situait au pic de la crise économique et financière de 2008-2010. Plus d’un cinquième de la population européenne (21,8 %) est donc vulnérable, à peine 2 % de moins qu’au moment où la stratégie « Europe 2020 » était inauguré.

En Belgique, une personne sur sept vit en-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1.139 euros nets par mois pour une personne seule et 2.392 euros pour un couple avec deux enfants, et un quart des ménages belges (et 38 % à Bruxelles ou en Wallonie) ne pourraient faire face à une dépense imprévue. Les chiffres sont particulièrement élevés à Bruxelles, où plus d’un ménage sur cinq est en situation de « privation matérielle et sociale » - c’est-à-dire doit renoncer à certaines dépenses jugées essentielles à une vie décente [1].

Or, c’est d’abord sur les achats alimentaires, seul poste du budget du ménage relativement compressible, que les ménages les plus précaires tentent d’économiser. Et quand même cela ne suffit plus, ils se tournent en dernier recours vers les organisations caritatives. Dans toute l’Europe, l’on s’habitue à ce que les banques alimentaires fassent partie du paysage de la protection sociale : en Belgique même, le recours à l’aide alimentaire a augmenté de 17,3% entre 2013 et 2016 [2], et ce sont aujourd’hui 450.000 personnes qui y ont recours.

Retour en haut de la page

Mais que faire face à cette réalité quotidienne de la pauvreté, et de ses répercussions sur l’alimentation des ménages à faibles revenus? Car un double consensus se dégage, apparemment paradoxal : un régime alimentaire sain reste hors de portée pour beaucoup de familles à faible revenu ; et cependant, poursuivre dans la voie actuelle, en encourageant une baisse des prix des denrées alimentaires et un meilleur accès à l’aide alimentaire, conduit à l’impasse. Des prix bas et l’aide alimentaire sont, au mieux, des palliatifs. Ce ne sont pas des solutions durables.

Depuis cinquante ans, on a prétendu répondre aux attentes des familles les plus défavorisées en encourageant une production alimentaire de masse – une agriculture à grande échelle et capable par conséquent de réaliser des économies d’échelle, une logistique de grands volumes, une production standardisée, une distribution par les grandes chaînes par le canal des « hyper » et des « super » marchés. On a voulu faire peu cher car on a voulu éviter les choix politiques difficiles: l’alimentation « low cost » a fonctionné comme le substitut de fait de politiques sociales plus robustes, qui auraient pu protéger les ménages les plus pauvres de la pauvreté alimentaire.

Pas si "low cost" que ça

Une prise de conscience à présent se fait jour. Les observateurs sont à peu près unanimes à présent pour considérer que cette alimentation « low cost », issue des choix qui ont été faits dans le cadre de la politique productiviste lancée au cours des années 1960, est un échec patent. On a voulu aider les ménages pauvres à avoir accès à une alimentation à un prix abordable, façon commode de se dispenser de mettre sur pied une protection sociale qui fasse vraiment rempart à la pauvreté. Mais parce que les dimensions qualitatives de l’alimentation ont été négligées au nom de la réduction des coûts, ce sont ces ménages qui paient aujourd’hui le prix exorbitant de ces choix.

Car que découvre-t-on aujourd’hui? Que l’alimentation « low cost » ne l’est, en réalité, qu’en apparence. Elle a en fait un coût exorbitant, aussi bien pour les consommateur·rice·s qui en dépendent – les personnes à faible niveau de revenus en particulier [3] – que pour la collectivité.

Retour en haut de la page

Une étude récente estime que les perturbateurs endocriniens présents dans l’alimentation – en raison des pesticides utilisés dans l’agriculture conventionnelle, des emballages utilisés, des hormones de croissance dans l’élevage industriel, ou des préservateurs – coûtent 217 milliards par an aux pays de l’Union européenne, l’équivalent de 1,48% du PIB européen, ou 428 euros par an et par personne [4].

En outre, la consommation de produits alimentaires fortement transformés par des processus industriels expliquent largement l’explosion des taux d’obésité, et donc des maladies non-transmissibles – diabètes, maladies cardio-vasculaires, cancers gastro-intestinaux – qui y sont liés, et finalement une espérance de vie moindre [5]. 80 % des coûts en soins de santé dans l’Union européenne sont consacrés au traitement de ces maladies chroniques dans le développement desquelles nos régimes alimentaires ont un rôle décisif [6].

On a menti, au fond, aux consommateur·rice·s. Ces prix « bas » de la grande industrie agroalimentaire ne le sont que parce que ce que les économistes appellent les « externalités négatives » ne sont pas répercutées sur le prix des produits dans les rayons des supermarchés – mais ce que le·a consommateur·rice ne paie pas à la caisse du supermarché, il∙elle le paiera en tant que contribuable, pour effacer les conséquences environnementales et sanitaires de cette alimentation industrielle [sur les coûts du système alimentaire sur la santé, voir article n°1, par Chantal Clément].

Ces politiques du « low cost » ont été une erreur. Le diagnostic est juste, et il était temps qu’on le fasse. Mais il n’en découle pas que, pour renverser la tendance, il suffise de changer les signaux qu’envoient les prix. Il faut bien entendu augmenter les prix des boissons gazeuses sucrées [7], des confiseries, et des snacks à haute teneur énergétique, par une augmentation de la TVA sur ces produits qu’on hésiterait à qualifier d’alimentaires : c’est ce qu’a fait la Belgique à la suite d’autres Etats de plus en plus nombreux, et cela fait certainement partie de la solution [8].

Retour en haut de la page

En contrepartie, il faut subsidier la production de fruits et légumes et en faciliter la distribution par des investissements dans la logistique. Il faut aussi rendre les produits issus de l’agriculture biologique plus abordables, en finançant les coûts liés à la certification et aux contrôles. Car le « BIO » ne doit sa réputation d’être cher qu’à une double erreur comptable : la production industrielle d’aliments n’a pas jusqu’à présent été forcée d’internaliser les coûts considérables qu’elle impose à la collectivité – en dommages environnementaux, en soins de santé liés à une mauvaise alimentation, ou en dépeuplement des campagnes –; tandis que l’agriculture biologique, elle, tout comme plus généralement l’agriculture raisonnée ou agroécologique, n’est pas récompensée des services qu’elle rend. Démocratiser le BIO, lui permettre de rompre avec cette image élitiste qui lui est encore accolée, doit faire partie des priorités [pour en savoir plus sur le « prix juste », voir article n°9, par Laurence Lewalle].

Une double peine pour les ménages pauvres

Toutes ces mesures sont urgentes. A défaut qu’on aligne mieux les prix sur les coûts sociaux réels – c’est-àdire sur les coûts environnementaux et de santé des produits alimentaires transformés issus des filières industrielles –, les ménages les plus pauvres peuvent continuer d’être tentés de se rabattre sur les solutions apparemment les plus abordables, celles qu’offrent les circuits alimentaires industriels, champions des économies d’échelle et de la production de masse, mais dont l’offre – aliments ultra-transformés, conserves et plats préparés – est généralement trop riche en calories, en graisses, en sucres ajoutés, et en sel [9].

Comme le notait une étude d’ATD Quart Monde sur le rapport à l’alimentation des familles en grande pauvreté, cela aboutit à condamner ces familles à une « double peine » : tant que les produits les moins sains seront aussi les moins chers, non seulement ces familles ne pourront se nourrir de façon convenable et n’auront accès qu’à des produits de mauvaise qualité nutritionnelle, mais en outre elles se sentiront « coupables de ‘mal manger’, d’avoir des corps qui ne correspondent pas aux attentes des professionnels de la santé, des politiques publiques et de leurs concitoyen·ne·s » [10].

Retour en haut de la page

Obliger les filières de production agroalimentaire industrielle à prendre en compte les coûts que leur manière de produire imposent à la collectivité – à internaliser les externalités négatives, comme l’expriment les économistes – permettrait en outre aux filières plus durables d’être plus compétitives. Le recours aux taxes et l’orientation des subventions ont donc un rôle essentiel à jouer. Ces efforts ne doivent cependant pas détourner l’attention de l’essentiel: l’augmentation des salaires minima et des aides sociales et une répartition plus égale du temps de travail dans la société, afin que chacun et chacune puisse y être pleinement intégré. Mais en outre et surtout, pour indispensables qu’ils soient ces efforts ne déboucheront sur des résultats tangibles – et n’amèneront un véritable changement de cap – que s’ils s’accompagnent d’une démarche plus ambitieuse, qui provoque une véritable révolution culturelle dans nos manières de nous alimenter.

Les liens entre précarité socioéconomique, alimentation et santé sont en effet complexes, et ne se laissent pas réduire à la seule question de l’offre que l’on stimule, de la demande que l’on crée, ou des prix qui relient l’une à l’autre. Car si on laisse de côté le BIO, manger sainement, en cuisinant des produits frais et de saison, notamment des légumes, et en modérant sa consommation de fritures, de confiseries et de viande rouge, cela ne coûte pas nécessairement plus cher. Cela demande, en revanche, du temps et de l’organisation, dont les personnes au statut le plus précaire, qui enchaînent parfois plusieurs petits boulots sur la journée et que de longues navettes séparent parfois de leur lieu de travail, ne disposent pas toujours. Cela exige aussi un savoir culinaire – comment préparer des légumes – qui est en voie de disparition rapide. Et cela suppose une motivation qu’il n’est pas toujours facile de trouver quand l’on vit seul, ou en famille monoparentale, surtout lorsque les membres de la famille ont des horaires différents et variables. La pauvreté alimentaire, c’est parfois une question de pouvoir d’achat, mais c’est aussi, et peut-être surtout, une question de mode de vie, d’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, et d’information.

Retour en haut de la page

Une question de quartier également

L’explication seulement par les prix ne suffit pas aussi pour une autre raison. Ce n’est pas seulement le niveau socio-économique de la famille qui explique les choix alimentaires et les conséquences que ces choix entraînent sur la santé : c’est aussi le quartier où l’on vit. Même les ménages relativement plus à l’aise financièrement courent un risque plus élevé d’obésité et de diabète s’ils résident dans une zone urbaine socio-économiquement défavorisée. Cela peut tenir à plusieurs facteurs.

L’offre alimentaire dans ces quartiers peut être de moins bonne qualité : bien que l’on ne puisse sans doute pas évoquer, en Europe continentale, ces « déserts alimentaires » qui caractérisent certaines villes d’Amérique du Nord ou de Grande-Bretagne, il y a des quartiers moins bien desservis tels que certains quartiers du centre de villes de taille moyenne telle que Liège, ou de villages de campagne [11], où il est difficile de trouver des produits frais, variés et de qualité [12]. Et le temps peut manquer pour se déplacer afin de faire ses courses ailleurs, d’autant plus que les transports en commun

Retour en haut de la page

Replacer l’alimentation comme élément de notre culture

Il n’est pas acceptable qu’en Europe aujourd’hui, être pauvre continue de constituer un risque pour la santé. Mais pour sortir de la culture alimentaire que cinquante années de productivisme ont façonnée, transformant nos goûts et jusqu’à nos manières de table, il faudra davantage qu’une réorientation des subsides, une utilisation intelligente de l’outil fiscal, et quelques campagnes d’information. Il faudra faire de l’alimentation une question de civilisation. Réapprendre à cuisiner. Y prendre plaisir : le vivre comme une diversion, et non pas comme une corvée. Se rappeler que les repas sont un moment de convivialité. Retrouver le plaisir des saveurs. Prendre le temps de découvrir des légumes oubliés. Renouer le lien social, à travers la cuisine et l’alimentation. Bref, replacer l’alimentation comme élément de notre culture, et ne plus la voir seulement comme une nécessité physiologique. Non pas la médicaliser, mais se la réapproprier et en faire une composante de nos modes de vie [sur la médicalisation de la faim, voir article n°14, par Jasper Thys].

C’est un effort de longue durée. Mais il est plus que temps que l’on aille au-delà de l’aide alimentaire et des solutions d’urgence pour les plus pauvres, pour permettre à chacun et chacune, quel que soit son niveau de revenus, son niveau d’études ou son statut professionnel, d’avoir accès à une alimentation adéquate. Cela suppose de replacer l’alimentation comme composante de notre civilisation, et lui reconnaître la place centrale qu’elle mérite.

Retour en haut de la page

Téléchargez cet article au format PDF


Anmerkungen

[1Les chiffres sont de 21,5% à Bruxelles, de 15,3% en Wallonie et de 6,6% en Flandre

[3Dans les pays riches, où les pauvres sont frappés de manière disproportionnée par le surpoids et l’obésité, les femmes sont particulièrement exposées, à la fois car leur revenu est en moyenne inférieur à celui des hommes et parce que les hommes de classe sociale modeste ont souvent une activité professionnelle physique qui entraîne de grosses dépenses énergétiques. Les femmes en surpoids ou obèses ont souvent des enfants qui ont eux-mêmes tendance à être en surpoids ou obèses, donc à être moins productifs mais plus victimes de discrimination. Les inégalités socioéconomiques se perpétuent donc à travers les générations par le biais du surpoids ou de l’obésité: voy. F. Sassi, L’obésité et l’économie de la prévention: objectif santé (Paris: OCDE, 2010), pp. 83 et 84.

[4Trasande, L., Zoeller, R.T., Hass, U., Kortenkamp, A., Grandjean, P., Myers, J.P., DiGangi, J., Hunt, P.M., Rudel, R., Sathyanarayana, S., Bellanger, M., Hauser, R., Legler, J., Skakkebaek, N.E., Heindel, J.J., « Burden of disease and costs of exposure to endocrine disrupting chemicals in the European Union: An updated analysis », Andrology, 4 (2016), pp. 565–572. doi:10.1111/ andr.12178.

[5B.Swinburn et al., « The Global Syndemic of Obesity, Undernutrition, and Climate Change: The Lancet Commission report », The Lancet, 27 January 2019, S0140-6736(18)32822-8, http:// dx.doi.org/10.1016.

[6Ces données et d’autres relatives aux impacts sur la santé des filières industrielles de l’agro-alimentaire sont présentées dans un rapport que IPES-Food a présenté le 9 octobre 2017, disponible sur le site www.ipes-food.org

[7La responsabilité des boissons gazeuses sucrées dans l’augmentation des taux d’obésité est avérée: voy. L. R. Vartanian et al., «Effects of soft drink consumption on nutrition and health: a systematic review and meta-analysis», American Journal of Public Health, vol. 97, no 4 (2007), pp. 667 à 675; G. Woodword-Lopez and others, «To what extent have sweetened beverages contributed to the obesity epidemic?», Public Health Nutrition, vol. 14, no 3 (2011), pp. 599 à 609.

[8La Stratégie mondiale pour l’alimentation. l’exercice physique et la santé, adoptée en 2010 au sein de l’Organisation mondiale de la santé invite les gouvernements à recourir à des taxes sur les aliments et à des subventions pour promouvoir l’adoption d’un régime alimentaire sain (doc. ONU A/66/83, par. 42). Plusieurs exemples existent dans les pays européens : au Danemark, voir la loi no 247 du 30 mars 2011 (loi relative à la taxe sur les graisses), (A. Astrup et al., «The role of reducing intakes of saturated fat in the prevention of cardiovascular disease: where does the evidence stand in 2010?», American Journal of Clinical Nutrition, vol. 93, no 4 (2011), p. 684 à 688) ; En Hongrie, depuis le 1er septembre 2011, une taxe est perçue sur les produits contenant «trop» de sel, de sucres ou de graisses, c’est-à-dire sur la «malbouffe», tandis que les taxes sur les sodas ont augmenté de 10 %; la Finlande a augmenté la TVA sur les confiseries et les boissons gazeuses sucrées ; la France a introduit une taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés ; le gouvernement français a cependant dû renoncer, en novembre 2012, au projet d’introduire une taxe (dite « taxe Nutella ») sur l’huile de palme. Voir le rapport que j’ai présenté, en ma qualité de Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, à la dix-neuvième session du Conseil des Droits de l’Homme (doc. ONU A/HRC/19/59 (26 déc. 2011), para. 39), et par E. van Nieuwenhuyze, Regulating Nutrition and Health Claims: EU Food Law’s Poisoned Chalice?, thèse de doctorat présentée à la Faculté de droit de l’Université catholique de Louvain (dir. P.Nihoul), non publiée, mars 2015, pp. 489-490.

[9A l’inverse, les études disponibles montrent que l’introduction d’une taxe sur les boissons ou aliments les moins sains peuvent avoir un impact significatif sur la consommation : une taxe de 10 % sur les sodas entraîne ainsi en moyenne une baisse de 8 à 10 % des achats de ces boissons, et la baisse est surtout importante parmi les ménages précarisés: voy. T. Andreyeva et al., «The impact of food prices on consumption: a systematic review of research on the price elasticity of demand for food», American Journal of Public Health, vol. 100, no 2 (2010), p. 220.

[10“Se nourrir lorsqu’on est pauvre. Analyse et ressenti de personnes en situation de précarité », Revue Quart Monde. Dossiers et documents, n° 25 (2014), p. 170.