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Lettre ouverte de FIAN International

Contre la militarisation de l’aide alimentaire et l’atteinte à la souveraineté alimentaire au Venezuela

Durant le mois de mars, FIAN International publiait une lettre ouverte concernant la situation au Venezuela et l’utilisation de l’aide alimentaire comme arme politique contre la population. Des militant.e.s du Québec nous ont fait parvenir leur traduction [Maria Worton; révision : Collectif Échec à la guerre, Québec, Canada].

Texte collectif, FIAN International, 18 mars 2019
Texte original en anglais – [Traduction : Maria Worton; révision : Collectif Échec à la guerre, Québec, Canada]

Photo par : Anyul Rivas, sous licence Creative Commons

Contre la militarisation de l’aide alimentaire et l’atteinte à la souveraineté alimentaire au Venezuela

Une lettre ouverte concernant la situation au Venezuela et l’utilisation de l’aide alimentaire comme arme politique contre la population

A l’opinion publique internationale :

En tant que membres de la communauté internationale préoccupés par le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire, y compris les défenseurs, les professionnels de la santé et les universitaires, nous dénonçons l’utilisation actuelle de l’aide alimentaire comme arme politique contre le peuple et le gouvernement vénézuéliens, en solidarité avec les efforts déployés sur le terrain au Venezuela pour nourrir les communautés et soutenir leur capacité à se nourrir elles-mêmes.

Au moment d’écrire ces lignes, des cargaisons de nourriture fournies par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) se trouvent de l’autre côté de la frontière vénézuélienne en Colombie, alors que le gouvernement étasunien menace de forcer ces cargaisons à entrer dans le pays sans l’autorisation du gouvernement vénézuélien, dans un contexte de menaces croissantes d’intervention militaire. De telles actions ont été critiquées par un certain nombre d’organisations de développement et d’aide internationalement reconnues, dont la Croix-Rouge internationale et les Nations Unies, qui travaillent déjà en partenariat avec le gouvernement vénézuélien et qui ont toutes deux refusé de collaborer avec USAID dans cette tentative de fourniture d’aide en raison de sa nature manifestement politique.

Le Venezuela dispose de réseaux nationaux de distribution alimentaire bien établis, comme l’a reconnu, aussi récemment qu’en 2015, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Toute aide qui arrive dans le pays doit servir à compléter - et en aucun cas à saper - les efforts nationaux de distribution alimentaire déjà existants. Le fait que cette norme fondamentale de l’aide humanitaire soit compromise nous préoccupe non seulement en raison de ses répercussions sur la population vénézuélienne, mais aussi en raison du dangereux précédent que cela pourrait créer au niveau mondial.

Bien que les défis auxquels le Venezuela est actuellement confronté soient liés à de multiples facteurs, la question de l’aide ne peut être dissociée des sanctions imposées au Venezuela par le gouvernement étasunien et ses alliés. Selon le conseiller des États-Unis pour la sécurité nationale, John Bolton, la dernière série de sanctions imposées par l’administration Trump représente une perte estimée à 11 milliards de dollars de revenus pour la compagnie pétrolière publique PDVSA en 2019 et par conséquent, pour le gouvernement vénézuélien, tandis qu’on bloque l’accès à un montant supplémentaire de 7 milliards de dollars d‘actifs. Ces sanctions illégales, qui s’inscrivent dans le cadre d’un blocus financier plus large, entravent directement les importations d’aliments, de médicaments et d’autres produits de première nécessité au Venezuela, avec des effets désastreux sur la population, en particulier les plus vulnérables. Entre-temps, l’aide en question promise par USAID s’élève à 20 millions de dollars. Ce montant d’aide, même s’il devait être augmenté, est dérisoire par rapport aux 30 millions de dollars de recettes pétrolières perdues quotidiennement en raison des sanctions. Les sanctions et le blocus financier rendent également de plus en plus difficile pour les mouvements populaires dans l’ensemble du pays la réalisation d’efforts cruciaux en faveur de la souveraineté alimentaire, y compris la distribution de denrées alimentaires et de produits agricoles tels que les semences, bien que ces efforts se poursuivent autant que possible dans des circonstances difficiles. Par exemple, le 23 février dernier, échéance fixée pour l’entrée de l’aide de USAID au Venezuela, l’effort de souveraineté alimentaire de la base Pueblo a Pueblo a fourni 30 tonnes de produits frais provenant de petits agriculteurs des campagnes du Venezuela aux familles dans le besoin à Caracas.

Même si les signataires de ce texte peuvent avoir des opinions personnelles divergentes sur la politique intérieure du Venezuela et sur la manière dont les Vénézuélien-ne-s pourraient le mieux résoudre leurs différends, nous sommes unis dans notre préoccupation face à la militarisation de l’aide alimentaire et aux menaces qui pèsent sur la souveraineté nationale du Venezuela, ainsi que dans notre solidarité avec les mouvements sur le terrain qui continuent à travailler à la souveraineté alimentaire dans des circonstances toujours plus difficiles. Nous appelons le gouvernement étasunien et ses alliés à lever les sanctions mortelles, comme première étape la plus immédiate et la plus nécessaire pour répondre aux préoccupations humanitaires, et à cesser d’utiliser l’aide alimentaire comme un outil de manœuvre politique. Nous appelons également les organisations internationales et régionales, telles que l’Organisation des États américains, à superviser le soutien de leurs États membres afin de s’assurer que leurs mesures sont conformes à la Déclaration américaine des droits et devoirs de l’homme.

SIGNATAIRES :
1. ActionAid USA 2. Actuar 3. Agroecology Research-Action Collective 4. Biowatch South Africa 5. Bolivarian Circle New York City 6. Campaña Guatemala Sin Hambre 7. Centro de Documentación en Derechos Humanos 8. Committees of Correspondence for Democracy and Socialism 9. Colectivo de Derechos Humanos 10. Centro Internazionale Crocevia 11. International Baby Food Action Network (IBFAN) 12. La Fundación de Estudios para la Aplicación del Derecho (FESPAD) 13. FIAN Austria 14. FIAN Brasil 15. FIAN Colombia 16. FIAN Honduras 17. FIAN International 18. FIAN Mexico 19. FIAN Portugal 20. FIAN Uganda 21. Geneva Infant Feeding Association (GIFA) 22. Grassroots Global Justice Alliance 23. Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP) 24. International Committee for Peace, Justice and Dignity 25. Justicia Alimentaria 26. Massachusetts Peace Action 27. National Fisheries Solidarity Movement of Sri Lanka 28. Nicaragua Center for Community Action (NICCA) 29. People’s Health Movement 30. Popular Resistance 31. Portland Central America Solidarity Committee (PCASC) 32. POSCO Pratirodh Sangram Samiti (Anti-POSCO Movement-PPSS) 33. African Network on the Right to Food (RAPDA) 34. Right to Food Network Malawi 35. Task Force on the Americas 36. The MOVE Organization 37. Terra Nuova 38. The international Action Center 39. THEATER OF THE OPPRESSED LABORATORY (TOPLAB) 40. Unidad de la Fuerza Indígena y Campesina (UFiC) 41. United Steelworkers Local 8751, the Boston school bus drivers’ union 42. World Fisher Forum (WFF)
43. World Forum of Fisher Peoples (WFFP) 44. WhyHunger 45. Women’s UN Report Network (WUNRN) 46. The Oakland Institute