21 februari 2020

FIAN Belgium présente son rapport parallèle au Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU

Du 17 au 20 février 2020, la Belgique passait son cinquième examen périodique devant le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU (Comité DESC) à Genève. En effet, tous les cinq ans, les Etats qui ont ratifié le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels sont invités à présenter un rapport sur l’état d’avancement des DESC dans leur pays et les mesures prises pour assurer leur protection et leur réalisation. A cette occasion, la société civile a l’opportunité de présenter un rapport parallèle pour mettre en évidence les difficultés au regard des DESC et les manquements de la Belgique.


Dans son rapport, FIAN Belgium a notamment insisté sur les aspects suivants :

  • Pauvreté  : le niveau de pauvreté n’a pas diminué depuis plus de quinze ans et demeure à environ 20 %. La Belgique n’a donc pas respecté son engagement de sortir 380.000 personnes de la pauvreté en 2020.
  • Droit à l’alimentation et à la nutrition : Le droit à l’alimentation est directement impacté par le niveau persistant de pauvreté et les défaillances du système agro-industriel. Plus de 450.000 personnes dépendent de l’aide alimentaire, en particulier des femmes seules avec enfants. De l’autre côté le surpoids n’a cessé de croître au cours des 25 dernières années et touchent à présent 49 % de la population (dont 16 % d’obèses).
  • Droits des paysans : Depuis 1980, la Belgique a perdu 68 % de ses fermes et la majorité des agriculteurs sont âgés de 55 ans et plus et partiront bientôt à la retraite, sans repreneur. Les paysans sont mis sous pression par l’industrie alimentaire et sont particulièrement touchés par les burn out et les suicides.
  • Changement climatique : les engagements de la Belgique pour faire face à l’urgence climatique sont totalement insuffisants pour rester en dessous des 2° (et viser les 1,5°). Par ailleurs la Belgique est en défaillance par rapport à l’atteinte de ses engagements européens pour 2020.
  • Agrocarburants : la Belgique a continué de promouvoir les agrocarburants (produits à partir de nourriture) malgré les impacts avérés sur la sécurité alimentaire, la déforestation et les accaparements de terre. Le nouveau Plan National Energie Climat de la Belgique prévoit encore d’augmenter leur utilisation d’ici à 2030.
  • Entreprises et droits humains. La Belgique refuse toujours d’adopter une loi sur le devoir de vigilance qui obligerait les entreprises à rendre des comptes sur les mesures prises pour prévenir les abus de droits humains. FIAN a aussi présenté deux cas où des acteurs belges sont impliqués dans des abus de droits humains (en Sierra Leone et en RDC).
  • Aide publique au développement : malgré l’obligation inscrite dans la loi belge de coopération au développement de consacrer à 0,7 % de son PIB à l’aide au développement, et malgré les engagements répétés au niveau international, l’APD a diminué par rapport à 2010 et stagne autour de 0,45 %, en dessous de la moyenne européenne.

Durant la session le Comité DESC a écouté les présentations des différentes ONG présentes et a posé plusieurs questions d’éclaircissement à la délégation belge présente à Genève. Sur cette base, le Comité va préparer une série de recommandations pour améliorer la mise en œuvre des DESC par la Belgique. Ces recommandations sont attendues dans quelques semaines.

Lire notre rapport parallèle (en français).

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Lire notre déclaration orale auprès du Comité DESC (en anglais).

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Communiqué de l’ONU

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Délégation des ONG belge à Genève