19 juillet 2021
Communiqué international

Des centaines d’organisations de base se mobilisent contre le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires

#FoodSystems4People

Du 25 au 28 juillet 2021, les organisations de la société civile et des peuples autochtones lancent une contre-mobilisation mondiale pour protester contre le pré-sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires.

Communiqué international

Rome, Bruxelles. 19 juillet 2021. Plus de 300 organisations issues de la société civile mondiale et représentant des petits producteurs alimentaires, des chercheurs et des peuples autochtones se réuniront du 25 au 28 juillet afin de protester contre le pré-Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires.

En Belgique la Contre-mobilisation est soutenue par la Coalition contre la faim et le réseau Agroecology in Action.

La Contre-mobilisation des peuples pour la transformation des systèmes alimentaires des entreprises est la dernière en date d’une série d’initiatives qui rejettent le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (UNFSS), y compris une coalition de scientifiques qui ont lancé une pétition pour appeler à le boycotter.

La Réponse autonome des Peuples au Sommet affirme que ce Sommet détourne l’attention des vrais problèmes auxquels la planète est confrontée en ce moment critique. Le Sommet des systèmes alimentaires est le fruit d’un partenariat entre l’ONU et le Forum économique mondial (qui rassemble les 1000 plus grandes entreprises du monde). Il est influencé de manière disproportionnée par les acteurs du monde des affaires et présente un manque criant de transparence et de mécanismes de responsabilité. Il accapare et détourne les efforts, la masse critique et les ressources financières au détriment des véritables solutions nécessaires pour lutter contre les multiples crises de la faim, du climat et de la santé.

Les systèmes alimentaires mondialisés et industrialisés sont un échec pour la majeure partie de la population et la pandémie de Covid-19 a encore aggravé la situation. Selon le Rapport SOFI 2021 publié par les Nations unies sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dépasse aujourd’hui les 811 millions, tandis que près d’un tiers de la population mondiale n’a pas accès à une alimentation adéquate. Les pays du Sud subissent encore de plein fouet les impacts de la Covid-19, la pandémie agissant comme un révélateur des asymétries structurelles de pouvoir, des fragilités et de l’injustice qui caractérisent le système alimentaire prédominant.

Cette protestation est portée par plus de 380 millions de personnes, représentées par les mouvements transnationaux de paysans et d’agriculteurs, de femmes, de jeunes, de peuples autochtones, d’éleveurs-pasteurs, de sans-terre, de migrants, de pêcheurs, de travailleurs agricoles et de l’industrie alimentaire, de consommateurs et de personnes souffrant d’insécurité alimentaire en milieu urbain qui forment la coalition qui proteste contre le Sommet. Ces personnes exigent une transformation radicale des systèmes alimentaires industriels afin de parvenir à un système alimentaire équitable, inclusif et réellement durable. Elles exigent également une participation accrue aux modèles démocratiques de gouvernance alimentaire existants, tels que le Comité des Nations unies pour la sécurité alimentaire mondiale (CSA) et son Groupe d’experts de haut niveau (HLPE). Le Sommet UNFSS menace de saper le CSA, alors que celui-ci est le principal forum intergouvernemental inclusif d’élaboration de politiques internationales. Institution unique en son genre, le CSA donne la priorité à une approche fondée sur les droits humains et offre un espace où les personnes les plus impactées peuvent faire entendre leur voix. Or aujourd’hui, le système multilatéral des Nations unies est détourné par les intérêts des grandes entreprises de l’agro industrie dans le but de légitimer un système alimentaire encore plus nocif, coûteux, dominé par la technologie et en proie à de nombreuses crises.

Cette contre-mobilisation reflète les préoccupations relatives à l’orientation du Sommet. Malgré ses prétentions à être un “Sommet des peuples” et un “Sommet des solutions”, l’UNFSS ouvre de fait la porte à une plus grande concentration des entreprises dans ce secteur, favorise les chaînes de valeur mondialisées non durables et renforce l’influence de l’agrobusiness sur les institutions publiques.

Les fausses solutions vantées par l’UNFSS incluent des solutions soi-disant “positives pour la nature”, des programmes volontaires de durabilité pour les entreprises ainsi que la promotion des OGM et de la biotechnologie, de l’agriculture régénérative ou encore de l’intensification durable de l’agriculture. Or ces solutions ne sont ni durables, ni abordables pour les petits producteurs de denrées alimentaires, et ne servent pas le bien public. Le Sommet est une tentative des acteurs du monde des affaires de normaliser des solutions technologiques à court-terme et nuisibles, qui ne s’attaquent pas aux injustices structurelles comme l’accaparement des terres et des ressources ou encore la perte de biodiversité et les inégalités économiques.

La contre-mobilisation des peuples, en parallèle au Sommet, fera connaître les réalités des petits producteurs alimentaires et des travailleurs dans l’agro-alimentaire ainsi que leurs visions d’une transformation des systèmes alimentaires basée sur les droits humains et sur l’agroécologie. Cette mobilisation veut souligner l’importance de la souveraineté alimentaire, de l’agriculture durable à petite échelle, des savoirs traditionnels, des droits d’accès aux ressources naturelles ainsi que des droits des travailleurs, des peuples autochtones, des femmes et des générations futures.

Les discussions de ce contre-sommet seront centrées sur des solutions réelles : l’instauration de mécanismes régulateurs contraignants pour limiter les abus des entreprises, l’abandon de l’utilisation de pesticides et la mise en œuvre de l’agroécologie en tant que science, pratique et mouvement. Le programme comprendra les activités suivantes :

  • 25 juillet 2021 : Un rallye virtuel mondial afin de faire entendre les voix des peuples et des petits producteurs alimentaires à travers le monde.
  • 26 juillet 2021 : Une déclaration politique, suivie de trois tables rondes publiques sur les impacts de la pandémie Covid-19, les crises de la faim et du climat.
  • 27 juillet 2021 : 15 séances virtuelles auto-organisées par la société civile et présentant les alternatives et les visions des peuples concernant les systèmes alimentaires.
  • 28 juillet 2021 : Une table ronde de clôture avec une synthèse préliminaire de la contre-mobilisation et une feuille de route pour affronter le Sommet en septembre.

Des informations complémentaires seront fournies lors d’un point presse le 22 juillet 2021 à 13h30 (heure de Rome), suivi d’une session de questions-réponses. Merci de vous inscrire sous ce lien pour y participer. Un service d’interprétation simultanée sera fourni en français, anglais et espagnol.

Contacts médias :

  • International : Marion Girard | Attachée de presse du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones (MSC) pour les relations avec le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) des Nations unies. marion.girard.cisneros@csm4cfs.org
  • Belgique : Manuel Eggen | FIAN et Agroecology in Action | mail : manu(at)fian.be

Ressources