1er juin 2007

Réforme agraire et droit à se nourrir - Juin 2007

agriculture familiale ainsi que pour les indigènes respectueux de la terre-mère. L’accaparement des terres de nombreux pays du sud par une minorité s’est accentué avec la colonisation. Le pouvoir colonial a partagé la terre entre « conquistadores » et favoris des gouvernants. Les communautés autochtones qui géraient précédemment les territoires ont été reléguées sur les terres marginales ou bien réduites à l’esclavage ou au quasi esclavage, quand elles n’ont pas été éliminées. Aujourd’hui de grands latifundia n’ont toujours pas été démantelés et l’on assiste à l’extension d’exploitations énormes d’agriculture commerciale sur les meilleures terres et à la destruction de l’environnement par leurs pratiques agricoles dévastatrices des sols, des eaux, de la biodiversité. L’accès à la terre des ruraux pauvres est de plus en plus problématique.

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Pour des familles paysannes, la terre c’est la vie. Le manque d’accès à une terre à cultiver est synonyme de faim et de misère. Au manque de volonté politique de leurs gouvernants, elles sont chaque jour plus nombreuses à opposer la référence aux Droits Humains. En effet, au niveau du droit international, combattre la faim est une obligation au titre des droits humains. Si un Etat ne prend pas les mesures nécessaires pour combattre la faim, il viole le droit à une alimentation suffisante. Le Pacte International relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), ratifié par 156 pays, est clair à ce sujet.

Il stipule en son article 11.1 :

« Les Etats parties au présent Pacte, reconnaissant le droit fondamental qu’a toute personne d’être à l’abri de la faim, adopteront, individuellement et au moyen de la coopération internationale, les mesures nécessaires , y compris des programmes concrets pour améliorer les méthodes de production, de conservation et de distribution des denrées alimentaires par la pleine utilisation des connaissances techniques et scientifiques, par la diffusion de principes d’éducation nutritionnelle et par le développement ou la réforme des régimes agraires, de manière à assurer au mieux la mise en valeur et l’utilisation des ressources naturelles ».

Le Rapporteur Spécial sur le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, a précisé dans son rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies en 2002 la relation qui existe entre l’accès à la terre, la réforme agraire et le droit à l’alimentation :

« L’accès à la terre et la réforme agraire doivent être des éléments fondamentaux du droit à l’alimentation », étant donné que « l’accès à la terre est souvent indispensable pour assurer l’accès à la nourriture et aux moyens de subsistance et donc pour garantir que les personnes soient à l’abri de la faim. »

La réforme agraire doit être équitable, profiter aux plus faibles et être réalisée dans la transparence… Il faut prêter plus d’attention aux modèles alternatifs proposés par les organisations paysannes, comme le concept de souveraineté alimentaire : le droit de chaque individu et de chaque peuple de produire de la nourriture. L’accès à la terre et la réforme agraire en particulier doivent être les éléments-clés du droit à l’alimentation. Jean Ziegler, Rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation »

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