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22 juni 2026
On Ne Se Taira Pas

Solidarité mondiale contre les violations des droits humains : Socfin face à la justice

FIAN et 3 ONG engagent des poursuites et des communautés du monde entier témoignent

Le Fonds de pension norvégien s’est désengagé de Bolloré en raison de violations des droits humains documentées. Début du mois, une coalition d’organisations belges et luxembourgeoises — dont FIAN Belgium— a engagé une action en justice contre Socfin pour réparation d’une procédure abusive (SLAPP). Parallèlement, des communautés affectées du Cambodge au Libéria demandent justice et restitution de leurs terres.

Une mobilisation internationale sans précédent

Depuis des décennies, Socfin reste au cœur de graves violations des droits humains. En 2024, une enquête commandée par l’entreprise elle-même à la Fondation Earthworm en a confirmé l’ampleur. Plus significatif encore : le Fonds de pension norvégien a décidé de se désengager de Bolloré en raison de ces préoccupations, un signal majeur des défaillances éthiques et légales de l’entreprise. Cependant, les communautés du Cambodge, de l’Indonésie, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, de Sierra Leone, du Ghana et du Liberia exigent la restitution de leurs terres, de meilleures conditions de travail et la fin de l’intimidation [1].

La voix de FIAN a toujours servi à défendre celles des personnes et des communautés qui sont en première ligne des violations de droits humains, notamment celles commises par Socfin et ses filiales dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. La semaine dernière, nous faisions état de cette lutte globale et réaffirmions notre solidarité internationale dans une déclaration signée par plus de 25 organisations, publiée en écho à l’assemblé générale de l’entreprise qui célébrait ses bénéfices de l’année.

Au Cambodge : le consentement jamais obtenu

Au Cambodge, six villages Bunong de Bu Sra n’ont jamais donné leur consentement libre, préalable et éclairé à l’octroi des concessions occupées par Socfin. Les habitants exigent :

  • La restitution de leurs terres par délimitation
  • Le retour des terres concédées à l’expiration des contrats
  • Un partage des revenus de Socfin via un soutien continu au développement (du fait que l’agriculture sur brûlis, principal moyen de subsistance, a été fragilisée)
  • La réouverture rapide>> procédure judiciaire engagée il y a plus de dix ans et restée au point mort depuis plusieurs années

En Indonésie : des décennies de lutte

Deux groupements agricoles indonésiens regroupant plus de 430 personnes et familles luttent contre l’appropriation illégale de leurs terres :

  • Sengon Sari Shelter>> association de plus de 250 personnes dans le subdistrict d’Aek Kuasan dénonce la saisie de 435 hectares avec preuves de propriété
  • Maju Lestari>> groupement de 184 personnes dans le subdistrict d’Aek Ledong se bat pour 390 hectares depuis 1972. Leur cas est allé à la Cour suprême avec auditions à la Chambre des représentants

Au Cameroun : une action judiciaire historique en cours

L’association AFRISE, qui regroupe des femmes près de la plantation d’Edéa, lutte depuis des décennies pour récupérer leurs terres, forêts, rivières et terres sacrées. La première audience de leur procédure contre l’État du Cameroun s’est tenue le 4 juin 2026 >> date historique de la mobilisation camerounaise. Cette action vise la restitution des terres occupées par la plantation Socapalm à la communauté d’Apouh. Les femmes d’AFRISE mènent désormais un plaidoyer actif auprès du Président, du Premier ministre et des administrations nationales, régionales et traditionnelles.

D’autres fronts existent : en Côte d’Ivoire, en Sierra Leone, au Ghana et au Liberia

De nombreux villages se battent sur plusieurs continents>> Côte d’Ivoire pour accéder à des espaces suffisants et vivre dignement.

  • En Sierra Leone, les femmes exigent de meilleures conditions de travail, l’accès aux baux fonciers et la fin des accusations de vol de palmiers à huile.
  • Au Ghana, les communautés réclament la suppression des barrières empêchant l’accès à leurs terres agricoles.
  • Au Liberia, 36 communautés réparties dans deux plantations (SRC et LAC) demandent le règlement intégral des dommages de 2004-2012 et l’application des recommandations du CAO (Médiateur de la Banque mondiale) et de la Fondation Earthworm.

La stratégie du déni face à la force de la solidarité

Socfin emploie stratégiquement le déni, l’opacité et l’intimidation juridique. Mais les organisations signataires —de FIAN Belgique et FIAN Suisse à Sawit Watch en Indonésie, en passant par des collectifs camerounais, ghanéens et libériens — affirment : notre solidarité internationale nous donne la force de lutter

Nous ne nous tairons pas tant que justice ne sera pas rendue. Découvrez la campagne "On ne se taira pas"

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Les Signataires : FIAN Belgium • FIAN Switzerland • ONESTENSEMBLE (Cameroun) • The Oakland Institute • SYNAPARCAM (Cameroun) • GRAIN • Sawit Watch (Indonésie) • Kelompok Tani Penampungan Sengon Sari (Indonésie) • Kelompok Tani Maju Lestari (Indonésie) • RADD (Cameroun) • AFRISE (Cameroun) • Bunong Indigenous People Association (Cambodge) • Rettet den Regenwald (Allemagne) • Collectif pour la défense des terres malgaches - TANY • HEKS/EPER Swiss Church Aid • JVE Côte d’Ivoire • YVE Ghana • SOLIFONDS (Suisse) • WoNARPI (Sierra Leone) • Alliance for Rural Democracy (Liberia) • Yeabamah National Congress for Human Rights (Liberia) • Ablojay (Liberia) • Look Green Care Foundation (Nigeria) • Green Advocates International (Liberia) • CADTM France