Publication FIAN et CETRI

Un système alimentaire à transformer 

Une analyse des grands enjeux actuels des systèmes alimentaires

FIAN Belgique publie avec le CETRI, ce dernier numéro d’Alternatives Sud. Une analyse des grands enjeux actuels des systèmes alimentaires, vus par les auteurs du Sud. Car si un consensus émerge sur la nécessité et l’urgence d’une révision en profondeur des systèmes alimentaires, des visions fort différentes sont à l’œuvre sur les solutions à apporter. Il est temps de s’emparer du débat !

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Introduction

Plus d’une décennie après la dernière crise alimentaire, la pandémie de covid-19 a de nouveau mis en lumière les dysfonctionnements et l’extrême vulnérabilité du système agro-industriel mondialisé. En dépit des engagements de la communauté internationale à éradiquer la faim dans le monde, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire augmente, les disparités se creusent et la crise écologique s’aggrave, à mesure que le modèle d’agriculture commerciale et productiviste se généralise. Face à ce constat d’échec, un consensus se fait jour sur la nécessité et l’urgence d’une révision en profondeur des systèmes alimentaires. Mais l’orientation d’une telle transformation fait débat.

Reprenant à leur compte la rhétorique du changement, les grandes firmes agro-industrielles entendent garder le contrôle. Fortes du soutien des puissances agro-exportatrices, elles comptent imposer leur modèle de « révolution doublement verte » et leur approche techno-productiviste dite « durable », comme seule réponse possible au triple défi de la faim, du changement climatique et de la croissance démographique. Les mouvements paysans et leurs alliés dénoncent cette mainmise. Contre les nouvelles logiques d’accumulation à l’œuvre, ils en appellent à une démocratisation de la gouvernance internationale et à un changement radical de paradigme : la transition vers un modèle de souveraineté alimentaire qui s’appuie sur des modes de production agroécologiques et réalise le droit à l’alimentation.


Contenu

  • La pandémie de covid-19, une opportunité pour la souveraineté alimentaire (Walden Bello)
    La pandémie de covid a suscité un vif débat sur le devenir du système alimentaire mondialisé. Ses chaînes d’approvisionnement ont-elles résisté à la crise sanitaire ou, au contraire, ses failles ont-elles été mises à nu ? Face à l’intensification des crises qui menacent la survie de pans entiers de l’humanité, une transformation en profondeur du système s’impose. Vers plus d’autosuffisance et de souveraineté alimentaires.

Sommet contesté

  • Accaparements de terre : le silence du sommet sur les systèmes alimentaires (Arnold Padilla)
    Malgré des objectifs louables en apparence, le Sommet de l’ONU sur les systèmes alimentaires a suscité méfiance et rejet dans de nombreuses organisations de défense des droits des paysan·nes. En cause, l’influence des grandes entreprises de l’agrobusiness dans l’organisation de l’événement, qui se traduit notamment par un silence complice sur les véritables causes de la misère et de l’oppression des paysan·nes à travers le monde.
  • La bataille pour la gouvernance mondiale de l’alimentation et de l’agriculture
    (Frédéric Mousseau)

    L’insécurité alimentaire déjà en hausse s’est aggravée avec le covid-19. Alors qu’il est urgent d’agir au niveau mondial, le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires est apparu comme une fausse solution élaborée par des entreprises soucieuses de défendre les intérêts de l’agrobusiness. Face à elles, les organisations paysannes et de la société civile réclament un changement de cap radical pour l’alimentation et l’agriculture.

Fausses solutions

  • Les fausses promesses de l’alliance pour une révolution verte en Afrique
    (Un consortium d’ONG internationales)

    Lancée en 2006 par les Fondations Gates et Rockefeller, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a échoué : à ce jour, pas d’augmentation significative de la productivité agricole, des revenus ou de la sécurité alimentaire dans les treize pays cibles. En revanche, les effets sociaux et environnementaux problématiques du modèle plaident pour des systèmes agroécologiques diversifiés, plus adaptés, justes et souverains.
  • L’« agroécologie bidon » : la mainmise des multinationales (Alberto Alonso Fradejas, Delphine Ortega-Espès, Kirtana Chandrasekaran, Lyda Fernanda Forero, Martín Drago)
    Face à l’agroécologie transformatrice qui induit des changements sociaux et politiques structurels, l’« agroécologie bidon », portée par de grands groupes privés de l’agrobusiness et des organisations intergouvernementales, repeint en vert, moyennant quelques adaptations technologico-écologiques visant des hausses de productivité et l’atténuation des dégâts de l’agro-industrie, un même modèle inique et destructeur qui tend à se perpétuer.

Voies alternatives

  • Agroécologie et reconstruction d’une agriculture post-covid-19 (c.i. Nicholls, Miguel A. Altieri)
    La croissance économique, le développement technologique et la consommation sans limite ont perturbé les écosystèmes et remodelé la biosphère. La crise du covid a mis en évidence les impacts destructeurs de l’agriculture industrielle sur la nature et la santé humaine et révélé les opportunités offertes par l’agroécologie pour répondre aux défis futurs. Un changement transformationnel est nécessaire, mais à quelles conditions sera-t-il possible ?
  • Repenser les droits humains dans une perspective émancipatrice (Sofía Monsalve Suárez)
    Face à l’enchevêtrement des crises, il faut réinscrire les droits humains dans de nouveaux récits d’émancipation. Cela passe par la construction d’articulations avec les droits de la nature, par la mobilisation du registre des droits humains contre celui du droit des affaires et par la mise en cause des asymétries postcoloniales au sein de l’architecture institutionnelle des droits humains.
  • Afrique du sud : sécurité, justice ou souveraineté alimentaires face à la malnutrition (Anne-Marie Thow, Busiso H. Moyo)
    L’Afrique du Sud, comme d’autres pays émergents, fait face à un double fléau sanitaire de sous-nutrition et d’obésité. Pour en sortir, un changement radical de paradigme est nécessaire en matière de production, de distribution et de consommation alimentaires, qui implique une large transformation politique, économique et sociale. Un mouvement émergent pour la justice et la souveraineté alimentaires s’y emploie.

Alternatives Sud

Alternatives Sud est une collection coéditée trimestriellement depuis 1994 qui présente des points de vue du Sud sur des dimensions cruciales de la mondialisation, du développement et des rapports Nord-Sud : analyses critiques et alternatives.

La raison d’être d’Alternatives Sud est de remédier à ce déficit d’écho aux travaux critiques d’auteurs du Sud (Afrique, Amérique latine, Asie) dans les sociétés du Nord, en publiant des ouvrages portant sur les grands enjeux sociopolitiques de l’heure, les logiques et la complexité des rapports Nord-Sud, la dynamique des acteurs sociaux du Sud.

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