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5 maart 2026
Communiqué de presse

Le fonds de pension norvégien se désengage de Bolloré en raison de violations des droits humains

Le plus grand fonds de pension au monde a révélé avoir vendu ses parts dans le groupe Bolloré, un puissant conglomérat français, en raison de préoccupations non résolues concernant de « graves violations des droits humains » dans son entreprise Socfin.

Cette décision a été rendue publique le 26 février 2026, dans un rapport de la Norwegian Bank Investment Management (NBIM). [1] Le rapport indique qu’après des années de dialogue avec Bolloré SE et la Compagnie de l’Odet SE sur « leur gestion des risques liés aux droits humains, aux violences sexuelles, au harcèlement et aux violations des droits du travail » dans les plantations de la société luxembourgeoise Socfin, dans laquelle le groupe Bolloré détient une « part importante », la NBIM a décidé de les exclure de son portefeuille d’investissement.

Les violations et les abus sont dénoncés depuis longtemps par les communautés concernées. Le groupe Socfin, fondé en 1909, contrôle 370 000 hectares destinés à la production d’huile de palme et de caoutchouc dans dix pays d’Afrique et d’Asie. Dans bon nombre de ces pays, Socfin a acquis les terres sans consulter ni obtenir le consentement des communautés, qui ont le sentiment qu’on leur a volé leurs terres. Les plantations entourent souvent les villages et polluent leurs sources d’eau, de sorte que les villageois ne peuvent pas cultiver leurs propres denrées alimentaires. Lorsque les villageois ramassent des noix de palme tombées ou dénoncent leur situation, ils sont régulièrement harcelés. Pour les femmes et les filles des villages, les violences sexuelles, voire les viols, commis par les ouvriers des plantations ou les forces de sécurité sont monnaie courante.

En 2024, après des années de plaintes émanant des communautés et de la société civile, Socfin a engagé la fondation suisse Earthworm Foundation pour enquêter sur ces questions. Les résultats ont été consternants : 59 % des plaintes ont été jugées fondées, à des degrés divers, et 85 % de celles-ci ont été considérées comme relevant de la responsabilité de l’entreprise. [2]

La décision de la Norvège fait suite à une décision similaire prise par le plus grand fonds de pension suisse, BVK. [3] Les Suisses ont passé trois ans à discuter de ces questions avec le groupe Bolloré, qui a fait valoir qu’il n’était pas responsable de ce qui se passait dans les plantations de Socfin, bien qu’il soit un actionnaire majeur et siège au conseil d’administration de plusieurs holdings et sociétés de plantation de Socfin.

« Il est grand temps que les investisseurs prennent des mesures contre Socfin et Bolloré », a martelé Félicité Ngo Bissou, de l’Association des Femmes Riveraines de Socapalm Edéa au Cameroun. « Depuis trop longtemps, le groupe Bolloré prétend ne pas être responsable des abus dont nous sommes victimes autour des plantations Socfin et, par conséquent, ces abus se poursuivent. Cela ne peut pas continuer. »

Rizal Assalam, de l’organisation Transnational Palm Oil Labour Solidarity, en Indonésie, partage cet avis. « Pour nous, la décision de la Norvège, tout comme celle de la Suisse, signifie que quelqu’un écoute les communautés et les travailleurs, même si ce n’est pas Bolloré », a-t-il déclaré.

Pour les groupes de défense des droits en Europe, la décision de la Norvège fait honte à l’UE. « La Commission européenne a invité Socfin la semaine dernière à prendre la parole lors du forum commercial UE-Libéria à Bruxelles », a déclaré Indra Van Gisbergen, de Fern. [4] « Pourtant, les communautés libériennes dénoncent encore aujourd’hui l’inaction de Socfin face à leurs plaintes de longue date ! » [5]

La NBIM gère le fonds de pension norvégien, qui dispose actuellement de 2 100 milliards de dollars d’actifs, ce qui en fait le plus important au monde. Au début de l’année 2025, elle détenait 91 millions de dollars d’actions dans Bolloré SE. [6] Celles-ci ont été vendues avant la fin de l’année. [7]

Pour plus d’information :

Emmanuel Elong, Synergie Nationale des Paysans et Riverains du Cameroun (SYNAPARCAM):
+237 674529387
+237 674484238
elongproject@yahoo.fr

Signé :
- Aceh Wetland Forum, Indonésie
- Alliance for Rural Democracy, Liberia
- Association des Femmes Riveraines de la Socapalm Edéa, Cameroun
- Bunong Indigenous People Association, Cambodge
- Collectif pour la défense des terres malgaches - TANY, Madagascar / France
- Communauté Adansi, Ghana
- Fern, Belgique
- FIAN Belgium
- FIAN Switzerland
- GRAIN, international
- Green Advocates International, Liberia
- HEKS/EPER, Suisse
- Klang Phol, membre de la communauté Bunong à Busra, Cambodge
- Kros Suk, membre de la communauté Bunong à Busra, Cambodge
- Les Soulèvements de la terre, France
- Look Green Care Foundation, Nigeria
- OnEstEnsemble, Cameroun
- Pantau Gambut, Indonésie
- Réseau des Acteurs du Développement Durable, Cameroun
- Rettet den Regenwald - Schweiz / Rainforest Rescue Switzerland
- Rettet den Regenwald, Allemagne
- Riverains Ensemble, Cameroun
- SawitWatch, Indonésie
- School of Democratic Economics, Indonesia
- SOLIFONDS, Suisse
- Synergie Nationale des Paysans et Riverains du Cameroun
- Tem Phaern, membre de la communauté Bunong à Busra, Cambodge
- The Oakland Institute, Etats-Unis
- Transnational Palm Oil Labour Solidarity Network, Indonésie
- Women’s Network Against Rural Plantation Injustice, Sierra Leone
- Yayasan Insan Hutan Indonesia
- Yayasan Pusaka Bentala Rakyat, Indonésie