26 mars 2024
Communiqué du Réseau de Soutien à l’Agriculture Paysanne

Colère agricole : la FUGEA, ECVC et leurs alliés tapent sur le clou : prix justes et stop UE-Mercosur

Pile 1 mois après la mobilisation du 26 février, la FUGEA, ECVC et leurs alliés reviennent à Bruxelles ce mardi 26 mars, en marge du Conseil européen Agrifish. Des vaches peintes aux couleurs belges ont été installées par la FUGEA à quelques mètres du bâtiment du Conseil européen. Les syndicats agricoles progressistes s’opposent au détricotage des mesures environnementales, demandent des prix justes et de stopper l’accord UE-Mercosur.

Entre 250 et 300 tracteurs étaient présents dans le quartier européen ce mardi matin. Installées face au bâtiment de la Direction générale agriculture, des statues de vaches arboraient des slogans humoristiques dénonçant le traité UE-Mercosur. A quelques mètres de là, les ministres de l’agriculture de la pêche discutaient des propositions de la Commission européenne, notamment les régressions en matière de régulation environnementale. La FUGEA et ECVC, de même que leurs nombreux alliés de la société civile, demandent au contraire une transition viable vers l’agroécologie et les pratiques durables, dotée de moyens suffisants.

Leonardo Van Der Berg, agriculteur des Pays-Bas membre de la Via Campesina, a pris la parole sur une estrade décorée de banderoles réclamant des prix justes et de stopper l’accord UE-Mercosur : « Les marchés néolibéraux ont créé une contradiction entre l’agriculture et l’environnement. C’est dommage, parce que l’agriculture a le potentiel de faire beaucoup de bien. Elle peut améliorer la biodiversité, restaurer nos sols et nos eaux, créer de beaux paysages et renforcer la cohésion sociale. Nous savons que c’est possible parce que de nombreux agriculteurs le font déjà. Mais ils doivent nager à contre-courant. Ils doivent travailler dans un environnement qui les pousse dans la direction opposée » il ajoute : «  Il devrait être illégal d’acheter des produits agricoles à des prix inférieurs à leurs coûts de production. »

Il a été suivi par Hugues Falys, l’agriculteur membre de la FUGEA qui a récemment attaqué TotalEnergies en justice [1] : « Malheureusement, ceux qui sont aux manettes aujourd’hui restent dans ce logiciel du libre-échange qui nous a fait tant de tort et pas seulement à l’agriculture. L’agriculture, elle doit continuer sa transition comme le reste de la société, l’agriculture ne fera cette transition que si elle travaille dans des conditions économiques viables. Donc, le recul de la Commission européenne sur les réglementations environnementales est un très mauvais signal, ce n’est pas ce qu’on demande. ».

Selon Marie-Hélène Lefèvre, du Réseau de soutien à l’agriculture paysanne (RéSAP)  : « Une agriculture paysanne et familiale est indispensable à notre souveraineté alimentaire, en Belgique comme en Amérique du Sud. Le traité UE-Mercosur détruit l’agriculture nourricière ici en tirant les prix vers le bas. Là-bas, elle favorise une agriculture à grande échelle vouée à l’exportation, trop souvent liée à la déforestation, l’exploitation de la main d’œuvre, la spoliation des terres des peuples autochtones ou encore l’utilisation de pesticides interdits en Europe. »


La Mobilisation continue : agenda en avril pour les suites !

😡✊🌱11 avril à Bruxelles dès 16h : Mobilisation du Gratin de la Colère suivi de laSoirée de lancement du Festival Nourrir Bruxelles en présence de la FUGEA

🧑‍🌾🌱🔥17 avril Journée Mondiale des Luttes Paysannes !

> En journée : Mobilisation à Aiseau-Presles(Charleroi)
> En soirée : Débat politiqueet retrouvailles au DK (Bruxelles)