13 décembre 2018

Greenwash-ING Tour : stop ou encore ?

Alors qu’ING a lancé une campagne sur l’investissement durable (« c’est bien pour votre avenir et le mien »), un groupe d’ONG s’est rendu dans plus de 20 agences à travers le pays pour dénoncer les financements toxiques d’ING à certaines entreprises du secteur de l’huile de palme. La mobilisation des ONG fut également l’occasion de rencontrer les directions d’agence et de sensibiliser les personnes employées et clientes aux pratiques de la banque, contraires à ses engagements sociaux et environnementaux

« Il était temps de passer à l’action » déclare Florence Kroff (FIAN Belgium) au nom du collectif d’ONG. « Depuis deux ans que nous dialoguons avec ING pour qu’elle se mette enfin à respecter ses propres critères sociaux et environnementaux, nous n’avons pas vu de changement concret dans ses relations avec des clients tels que SOCFIN, alors qu’il est avéré que cette multinationale active dans le secteur de l’huile de palme est responsable d’accaparement de terre et d’abus de droits humains des communautés locales en Sierra Leone, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, ou au Liberia. Il était de notre devoir d’en informer non seulement l’opinion publique mais surtout les employé.e.s et les client.e.s de la banque ».

Déguisé.e.s en lion.ne.s, plusieurs dizaines de citoyen.ne.s se sont rendu.e.s dans les agences des villes de Namur, Liège, Gand et Bruxelles afin d’interpeller directement les directions d’agence sur les pratiques de la banque. Ces actions pacifiques avaient pour but de sensibiliser les agences, premières concernées par l’image véhiculée par la banque auprès du public.

« Nous avons eu d’excellents retours de ces actions », explique Sébastien Mortier (FairFin). « Les responsables des agences, peu ou mal informé.e.s du sujet avant notre passage, se sont engagé.e.s à faire remonter nos recommandations auprès de la direction centrale. Les personnes employées se sont montrées concernées par la problématique, et des clients nous interpellaient afin d’agir avec nous en se rendant sur notre site web et déposer plainte auprès d’ING ».

C’est pourquoi le collectif d’ONG a décidé de retourner devant le siège central d’ING, après une première action le 23 octobre dernier qui avait réuni plus de 60 participant.e.s. Les ONG mèneront une nouvelle action de sensibilisation ce jeudi et demanderont une nouvelle rencontre avec les dirigeants d’ING.

« La Direction est consciente qu’elle ne peut plus se contenter de son discours avancé ces dernières années selon lequel elle préfère maintenir une relation avec des clients controversés afin de les accompagner dans l’amélioration de leurs pratiques. Nous avons amené la preuve que depuis 5 ans, les choses n’évoluent pas positivement sur le terrain. ING doit maintenant s’engager à appliquer de manière stricte sa politique relative aux risques sociaux et environnementaux, à rendre publiques les informations pertinentes en matière d’investissement dans les secteurs à risques et à cesser leurs financements toxiques », précise François Graas (SOS Faim).

Alors que sur papier la banque s’engage à respecter toute une série de critères sociaux et environnementaux dans les prêts qu’elle accorde, notamment dans des secteurs sensibles tels que l’huile de palme, le collectif d’ONG dénonce le maintien du prêt de 80 millions d’euro accordé à SOCFIN en 2016 et la négociation d’un nouveau prêt de 15 millions d’euro dont le statut n’a toujours pas été clarifié par la banque.

–Fin du communiqué–

Plus d’info :

Signataires :

  • AEFJN
  • Entraide & Fraternité
  • FairFin
  • FIAN Belgium
  • MAP - Mouvement d’Action Paysanne
  • Oakland Institute
  • Oxfam Solidarité
  • ReAct
  • SOS Faim
  • CNCD-11.11.11

Contact presse :
• FR : Florence Kroff – florence@fian.be – +32 475 845624
• NL : Sebastien Mortier – sebastien.mortier@fairfin.be – +32 479 317276