Positionnement face à la situation socio-économique et politique en Équateur

Nous relayons et appuyons la position de FIAN Équateur face à la situation particulièrement inquiétante que vit le pays après 8 jours de soulèvement populaire.

"FIAN Équateur exprime sa profonde inquiétude face aux événements qui se sont produits suite à l’annonce des mesures économiques et des réformes du droit du travail par le gouvernement actuel. Ces mesures conduiront à la restriction des droits fondamentaux, à la violation des droits des travailleur.euse.s en milieu rural et urbain, au développement des industries extractives et à la croissance de l’agrobusiness sur les territoires paysans et indigènes. Tout cela met directement en danger le droit à une alimentation et une nutrition adéquates et d’autres droits connexes des personnes vivant dans les villes et en milieu rural.

Une militarisation des territoires indigènes a été observée, ainsi qu’un grand nombre de blessé.e.s, de personnes arrêtées ou assignées à domicile. Cet usage disproportionné de la force par la police et l’armée, pour contrôler des manifestations civiles est contraire aux traités internationaux de droits humains signé par l’Équateur (...).

L’action du gouvernement viole également la constitution équatorienne, qui reconnaît explicitement le droit à la résistance «  face à des actions ou omissions du pouvoir public, ou de personnes physiques ou morales non étatiques, qui mettent ou pourraient mettre en péril les droits constitutionnels ». Cela constitue également une violation des droits humains, comme la liberté de pensée, d’association et d’expression, explicitement reconnus par la constitution équatorienne (art. 98 et 111). Il est dès lors inacceptable que l’exercice de droits reconnus par la constitution soit durement réprimé.

Nous appelons le gouvernement à respecter les droits des civil.e.s arrêté.e.s pour leur participation à des actions de protestation ainsi qu’a mettre fin au harcèlement contre les manifestant.e.s et les défenseur.euse.s des droits humains. Nous dénonçons également tous les actes de violence menés par des membres des forces de police ou des forces armées , notamment contre des indigènes, paysan.ne.s, afro-descendant.e.s, femmes, personnes âgées, mineur.e.s d’âge, personnes en situation de handicap.

Nous appelons la communauté internationale et les organisations de droits humains à se prononcer sur la situation et à mettre en place des commissions d’enquête sur la situation du pays.

Nous exigeons du gouvernement 1) le respect du droit à la protestation et à la libre expression en Équateur , 2) la réalisation d’enquêtes impartiales à propos des violences commises par les forces de police et les forces armés et 3) la fin de l’état d’exception.

Quito, le 7 octobre
FIAN Équateur "


Voir aussi un article de Fabián Cevallos Vivar et Verónica Yuquilema Yupangui , militant.e.s indigènes d’Équateur qui essayent de faire le point sur la situation.